L'Iran ouvre le détroit d'Ormuz aux navires alliés : un blocus bien ciblé

L'Iran adapte son blocus pour permettre le transit des navires d'alliés stratégiques.
L'Iran ouvre le détroit d'Ormuz aux navires alliés : un blocus bien ciblé

Dimanche et lundi, au moins cinq navires ont quitté le golfe Persique en longeant les côtes iraniennes, soulignant la mise en œuvre d’un blocus sélectif par l'Iran. Selon la société Windward spécialisée en renseignement maritime, un pétrolier battant pavillon pakistanais a même traversé le détroit d'Ormuz avec son système d'identification automatique activé, une rarissime décision dans ce contexte tumultueux.

L'Iran restreint désormais le passage de certains navires, privilégiant ceux de pays considérés comme "alliés". Cette mesure, qui apparaît comme une réponse aux frappes israélo-américaines survenues à la fin de février, a été confirmée par des données de suivi maritime. L'analyse de Windward fait état de la circulation d’un nombre réduit de navires dans cette zone stratégique, où transite habituellement près de 20% du brut mondial.

Cette nouvelle voie souligne l’évolution du blocus iranien, qui devient plus permissif pour ses soutiens.

En effet, près de quatre navires ont emprunté le chenal Larak-Qeshm, témoignant d'une volonté de la République islamique d'assurer le transit de navires non liés aux États-Unis et à ses alliés. Comme l’explique Natasha Kaneva, analyste chez JPMorgan, il semblerait que l'Iran effectue des vérifications plus strictes sur la propriété des navires ainsi que sur la nature de leurs cargaisons.

Un passage inattendu pour un navire turc

Un navire affilié à des intérêts turcs a également réussi à franchir le détroit grâce à l'autorisation de Téhéran, comme l'a déclaré le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu. Cela survient malgré des déclarations souvent contradictoires de responsables iraniens, qui affirment que des approvisionnements maritimes de divers pays pourront être acceptés.

Le détroit d'Ormuz, clé de voûte de l'économie mondiale, est devenu un point névralgique de tensions internationales, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, insistant sur le fait qu’il ne retrouvera pas son état d'avant le conflit actuel. Les répercussions des décisions prises par Téhéran se font déjà sentir, le président américain Donald Trump ayant qualifié de "stupide" le choix de nombreux pays de l'OTAN de ne pas intervenir pour assurer la sécurité maritime dans cette région cruciale.

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