Les anciens salariés d'Ynsect, une start-up liquidée fin 2022, attendent avec impatience une nouvelle audience aux prud'hommes d'Amiens. Initialement prévue le 12 mars, la décision a été repoussée au 9 juin, laissant les ex-employés dans l'incertitude concernant l'obtention des documents comptables cruciaux pour comprendre la faillite de l'entreprise.
Après une première audience le 22 janvier et une seconde le 19 février, une absence du liquidateur judiciaire a mené à ce nouveau report. Comme l'indique Me Fiodor Rilov, l'avocat des ex-salariés, ce délai était anticipé en raison de la complexité des documents sollicités, jugés « brûlants ». Les anciens employés, qui ont subi des licenciements dans le cadre de la cessation d'activité de la société spécialisée dans la production de protéines à base d'insectes, espèrent obtenir les comptes 2024 et 2025 afin de dévoiler les raisons derrière la disparition d'Ynsect.(source)
La société, fondée en 2011 et ayant levé 600 millions de dollars, a bénéficié de financements publics à hauteur d'environ 148 millions d'euros, soulignant l'importance de la transparence sur l'utilisation de ces fonds. Me Rilov fait part des incertitudes qui planent sur l'éventuelle réception des documents, craignant que le liquidateur ne fournisse qu'une partie des informations ou même que d'autres pièces demeurent inaccessibles.
Hadrien Godard, ancien conducteur de ligne et porte-parole des ex-employés, souligne l'absurdité de la situation, où des questions simples sur les flux économiques de l'entreprise restent sans réponse. La détermination des anciens salariés reste forte, avec des procédures juridiques supplémentaires en préparation, dont une action contre Bpifrance, la banque publique d'investissement.(source)
Godard et son avocat s'engagent à poursuivre leurs efforts, convaincus que les documents demandés sont cruciaux pour comprendre la responsabilité des acteurs impliqués dans cette affaire regrettable. « Nous avons droit à la vérité », déclare-t-il, insistant sur le fait que chaque euro d'argent public doit être justifié.
Ils prévoient également de porter leurs revendications à l'international, en explorant les activités des filiales d'Ynsect aux États-Unis et aux Pays-Bas pour vérifier si des fonds ont été transférés. « Il s'agit de clarifier le rôle de chaque acteur dans ce fiasco », conclut Godard.







