Christophe Lecourtier, actuellement ambassadeur de France au Maroc, a été désigné par l’Élysée pour diriger l’Agence française de développement (AFD). Sa nomination, qui doit être validée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ainsi que par les commissions parlementaires, marque un tournant important pour cette institution qui a été pilotée ces dix dernières années par Rémy Rioux.
Âgé de 63 ans, Lecourtier a déjà occupé des postes de responsabilité, notamment en tant que dirigeant de Business France. Cette nomination intervient à un moment où l’AFD fait face à des défis budgétaires et politiques significatifs, une réalité soulignée par Rémy Rioux. Selon ce dernier, “dix ans, c’est la bonne durée pour changer une institution, la mettre au goût du jour.”
Sous la direction de Rioux, l’AFD a connu une évolution notable, notamment avec la mise en œuvre des Accords de Paris sur le climat en 2015 et l’Agenda 2030 des objectifs de développement durable des Nations Unies. L’agence a élargi son champ d'action pour investir dans des secteurs variés tels que l'éducation, la santé et même le sport et la culture. Ces efforts de diversification visent à renforcer les relations avec des régions comme les Balkans, le Proche-Orient et l’Afrique.
Avec plus de 5000 employés, l’AFD a également vu son volume d’investissements atteindre presque 14 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation considérable depuis les 8 milliards en 2015. La satisfaction du bilan de Rioux est palpable lorsqu'il mentionne, “on a été capable de tisser plus de liens et d’avoir plus d’impact,” clôturant son mandat sur une note positive.
Cependant, les défis ne manquent pas. Avec un budget en baisse pour l'aide publique au développement, l’AFD risque d'être contrainte d'adopter des mesures d'austérité. En effet, le gouvernement a annoncé des coupes drastiques dans les allocations budgétaires pour l'année 2025, rendant incertain l'avenir pour de nombreuses initiatives en Afrique. Rémy Rioux a alerté sur cette question, rappelant que “un jeune sur trois sera Africain en 2050,” et que cette situation présente une “opportunité extraordinaire.”
Pour sa part, Lecourtier devra naviguer dans un environnement complexe où des voix s'élèvent contre l'efficacité et la légitimité de l'AFD. Pourtant, Rioux défend le modèle de l’agence en insistant sur le fait qu’elle fonctionne “comme une entreprise,” et qu’elle est “une machine à faire des amis pour la France.”
Rémy Rioux continuera d’assumer la présidence de Finance in Common, une initiative qu'il a lancée en 2020, regroupant les banques publiques de développement du monde entier. L'AFD se prépare également à regrouper ses entités au sein d'un nouveau siège situé près de la gare d’Austerlitz à Paris d’ici 2027. Face aux critiques concernant sa gestion, il a assuré que “l’AFD ne fait rien qui ne soit décidé par ses autorités.”







