Le tribunal a décidé, le 20 novembre dernier, de placer Alinea en redressement judiciaire. La décision finale devrait être rendue le 31 mars, alors qu'une seule offre a été présentée, mais jugée « irrecevable » par les autorités.
Alinea, qui compte 1 200 employés, a reçu une proposition globale provenant d'un groupe roumain, SDC, qui s'était initialement désisté. Cette offre promettait de préserver 50 % des emplois et 20 des 36 magasins existants. Malheureusement, elle n'a pas été retenue par la direction de l'entreprise.
Lors de l'audience au tribunal des affaires économiques, d'autres entreprises, telles qu'Ikea, Leroy Merlin et Grand Frais, ont soumis des offres limitées, visant seulement à maintenir quelques magasins avec une réduction significative des effectifs d'employés.
Le groupe rapporté, SDC, a étonnamment révisé sa décision, soumettant finalement son dossier juste avant la dernière date limite. Cependant, aucune personne n’a été présente lors de l’audience pour justifier cette offre.
D'autres options, incluant une proposition d'un investisseur chinois, ont également été classées comme « irrecevables » par le tribunal. La direction d'Alinea a informé ses employés des divers résultats possibles : un plan de redressement, la cession totale ou la liquidation judiciaire.
Le groupe roumain pourrait fermer sept magasins
Des documents consultés par l'AFP révèlent que la stratégie de SDC inclut la fermeture de sept magasins. Ce plan vise à recentrer les ressources sur les points de vente considérés comme rentables. Les magasins jugés non viables incluent ceux d'Aubagne, Herblay, Orléans, Bègles, Sainte-Geneviève-des-Bois, Melun et Chambourcy.
Si l'offre était acceptée, seulement 572 des 1 200 postes actuels seraient maintenus, l'entreprise s'engageant à ne procéder à aucun licenciement dans les deux prochaines années.
Lors de l’audience, le procureur a plaidé pour la liquidation judiciaire, témoignant de la gravité de la situation.
Alinea, victime de la crise de l’ameublement
En raison d'une gestion financière difficile, Alinea a vu ses pertes atteindre 47 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 162 millions d'euros en 2024. Fondée en 1988, l'entreprise a déjà traversé une phase de redressement judiciaire en 2020, durant la pandémie, impliquant la perte de 17 magasins et près de 1 000 employés.
Alinea fait face à une concurrence féroce de grandes enseignes comme Ikea et But-Conforama, ainsi qu'à l'émergence d'enseignes de discount et de plateformes en ligne, rendant son avenir incertain.
Selon une étude de l'Insee publiée récemment, le secteur du meuble et de l'électroménager connaît de graves « difficultés structurelles », entraînant une baisse de 7 % du nombre de magasins entre 2015 et 2022, accentuant ainsi la crise actuelle d'Alinea.







