La filière nucléaire s'apprête à recruter massivement, avec plus de 100 000 postes disponibles sur les dix prochaines années. Cette demande d'emploi s'explique par la prolongation de la durée de vie des centrales existantes, ainsi que par la construction de nouveaux réacteurs EPR, notamment deux à Gravelines, près de Dunkerque. En ce sens, débute aujourd'hui la « Semaine des métiers du nucléaire », visant à attirer des candidats vers ces carrières d'avenir.
En quelques années, la trajectoire énergétique de la France est passée d'un projet de fermeture de centrales nucléaires à un ambitieux programme de construction de six nouveaux réacteurs EPR. Ce tournant stratégique a des répercussions directes sur l'emploi, notamment chez EDF et dans ses entreprises partenaires comme Orano et Framatome. Dans les Hauts-de-France, cette évolution se traduit déjà par une forte demande de compétences variées.
La jeune Thaïs, 22 ans, exerce en serrurerie et métallerie pour ADF, un sous-traitant d'EDF, à Gravelines. Pour elle, ce choix de carrière est le fruit d'une passion pour le travail manuel et la créativité. Elle témoigne : "Je savais que j'étais très manuelle et j'adore confectionner." Son parcours en alternance l'a rapidement conduit vers un emploi stable.
Charly, 27 ans, soudeur chez EDF, souligne que "les besoins en soudure sont constants", une réalité qui garantit la pérennité de sa profession face à l'essor de l'automatisation.
Parmi les métiers les plus recherchés dans le secteur, une vingtaine se distingue, allant des coffreurs aux ingénieurs d'études. Anne Jancovici, présidente de l'Université des métiers du nucléaire, insiste sur l'importance de féminiser ces professions, actuellement occupées à seulement 20 % par des femmes. Elle affirme : "Les femmes qui travaillent dans ce secteur sont fières et épanouies."
La création de nouveaux emplois s'étend au-delà des grands groupes tels qu'EDF et Framatome, impliquant également des PME actives dans des domaines connexes comme la métallurgie, l'électronique ou le bâtiment.
Des reconversions possibles ?
Pour répondre à des besoins croissants, la filière devra également viser des candidats issus d'autres secteurs, en perte d'emplois, comme celui de la verrerie d'Arc. Michel Swieton, référent à France Travail, mentionne que le lien entre ces secteurs nécessitera une approche soignée en termes de formation et d'adéquation des compétences.
Pour ces 100 000 postes à pourvoir, deux tiers des emplois nécessiteront un niveau CAP à Bac+3. À la centrale de Gravelines, une cinquantaine de postes sont d'ores et déjà disponibles chaque année, offrant des contrats non délocalisables et promettant des carrières solides.
Durant cette Semaine des métiers du nucléaire, plusieurs événements sont prévus pour orienter et recruter les futurs talents. Citons un forum à Gravelines ce jeudi 12 mars, où les opportunités de carrière seront présentées aux candidats intéressés.







