Pour les détracteurs de Donald Trump, une certaine vigilance s'impose chaque week-end. Le président américain a une fâcheuse tendance à provoquer des événements militaires cruciaux les samedis. Ce week-end, en l’occurrence, les États-Unis et Israël ont orchestré une "attaque préventive" contre l'Iran, menant à la mort d'Ali Khamenei. Ce choix de calendrier n'est pas anodin.
Les critiques soulignent que Trump semble privilégier les week-ends pour ses interventions, une stratégie qui pourrait, selon certains analystes, minimiser l'impact immédiat sur la Bourse. En effet, en agissant lors de la fermeture des marchés, à partir de vendredi 16 heures, Trump permet aux investisseurs de digérer les nouvelles avant le prochain jour de trading. C'est une théorie qui, bien que séduisante, comporte ses limites. Il existe aussi d'autres raisons stratégiques au choix du week-end pour des interventions militaires.
Éviter la panique boursière
Cette hypothèse de "Week-end Warrior" a émergé sur les réseaux sociaux, avec l'idée que ces attaques visent à prévenir des mouvements précipités sur les marchés financiers. C'est ce que souligne Antoine Andreani, analyste chez XTB, qui affirme : "En lançant ses opérations pendant la fermeture des marchés, Trump minimise la panique potentielle des investisseurs. Une attaque en milieu de semaine pourrait déclencher des ventes massives, affectant ainsi l'ensemble du marché."
Audran, consultant en risques internationaux, complète en indiquant que "le week-end comporte d'autres avantages, comme une vigilance réduite des adversaires". Les réactions internationales sont également moins rapides, ce qui peut permettre aux États-Unis de prendre les devants.
Moins de réactions le week-end
Cette stratégie s'étend par ailleurs aux annonces économiques et politiques. Trump a souvent choisi des moments peu propices pour faire de grandes déclarations, comme son annonce sur les tarifs douaniers le 1er février 2025. Selon Véronique Riches-Flores, spécialiste en prospective financière, cela lui permet de naviguer dans la sphère médiatique avec plus de liberté. "Moins d'observations et moins d'analystes attentifs à ses mouvements lui laissent une plus grande marge de manœuvre", dit-elle.
Retour historique
Ce phénomène n'est pas nouveau. Par exemple, George W. Bush avait imposé un ultimatum à Saddam Hussein un lundi, avant d'attaquer l'Irak le mercredi suivant. Les marchés avaient alors souffert d'une incertitude palpable. Aujourd'hui, avec la rapidité des réseaux sociaux, cette stratégie pourrait bien être devenue une arme à double tranchant. Bien que la Bourse de New York ait ouvert le 2 mars avec une légère baisse, la tendance pourrait changer à tout moment, comme le rappelle Andreani : "Les marchés cherchent un prétexte pour corriger, et une agression militaire pourrait faire office de déclencheur."







