Le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne) a ouvert ce 3 mars le procès de Christophe Ellul, accusé d’homicide involontaire suite à la mort tragique d’Elisa Pilarski, survenue le 16 novembre 2019 en forêt de Retz. Plus de six ans après les faits, ce procès soulève d’importantes interrogations quant aux circonstances de cette affaire.
Elisa Pilarski, enceinte de six mois, a été attaquée alors qu'elle promenait le chien de son compagnon, Curtis, un American Pitbull Terrier. Malgré des éléments inquiétants suggérant une implication de l’animal, son maître persiste à rejeter cette version des faits.
Un SMS au cœur du débat
Un moment marquant de ce procès a porté sur des SMS échangés le jour du drame. L’un d’eux, particulièrement inquiétant, a été envoyé par Christophe Ellul à Elisa Pilarski : "Je le fais piquer". Ce message, découvert sur le téléphone de la victime, a été interprété par la procureure comme une indication potentielle de culpabilité. Ellul, quant à lui, a admis ne pas se souvenir d’avoir écrit cette phrase, la qualifiant d’un acte impulsif dans une situation d’urgence.
D’après la présidente Armelle Radiguet, ce SMS pourrait révéler que le prévenu était conscient de l’implication de Curtis dans la mort de son compagnon. Ellul a catégoriquement nié cette idée, déclarant : "Si c’était le cas et qu’il y avait une preuve, j’aurais tué Curtis".
La question de la muselière
Un autre enjeu important discuté durant l’audience concerne l’utilisation d’une muselière pour Curtis le jour de l’incident. Avant d’entrer dans les détails, la présidente a demandé à Ellul s’il avait muselé ses chiens lors des sorties. Sa réponse a été ambiguë : "Des fois oui, des fois non". Cela contraste avec ses déclarations antérieures où il avait affirmé que seul un autre chien, Ice, portait une muselière, tandis que Curtis était sous laisse.
Ce flou autour du port de la muselière a suscité de vives discussions, car cela peut influencer l’évaluation du risque incriminant au comportement de Curtis. L'instruction a par ailleurs établi que Curtis était le seul chien potentiel responsable de l'attaque, éloignant la responsabilité initialement attribuée à une meute de chiens de chasse présents ce jour-là.
Pour Ellul, la responsabilité de Curtis est un sujet délicat : "Si Curtis est coupable, piquez-le" a-t-il exhorté à plusieurs reprises au cours de l’audience. Le prévenu, qui conteste fermement les accusations, fait face à une sanction pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende si sa responsabilité est confirmée par le tribunal.







