Le site d'Aluminium Dunkerque, un acteur clé dans l'industrie de l'aluminium en France, est entré en négociations exclusives avec Aluminium Bahrain, plus communément appelé Alba. Ce site, qui emploie près de 750 personnes, pourrait voir un changement d'actionnaire d'ici 2026, comme l'ont révélé les deux groupes par voie de communiqué.
Ancien fleuron de Pechiney, le site, fondé en 1991, avait été acquis par le fonds américain AIP en 2021, après que son précédent propriétaire, le groupe indien Sanjeev Gupta, n’ait pas été en mesure de rembourser ses dettes. Annonce surprenante à la fin de l'année 2025, des négociations concernant une possible vente avaient vite fait de semer l'inquiétude parmi les syndicats de l'entreprise. L’État français a d'ores et déjà prévenu qu’il serait particulièrement vigilant quant au choix du repreneur.
Le ministère de l'Économie, par le biais de Bercy, a réaffirmé son intention d'examiner cette opération avec rigueur, en mettant l'accent sur le respect des engagements pris pour la pérennité de l'emploi et l'innovation durable. D'autres prétendants intéressés comme Rio Tinto, Glencore, Metlen Energy & Metals et Emirates Global Aluminium ont également émergé dans le paysage concurrentiel.
Khalid Al Rumaihi, PDG d'Alba, s'est engagé à maintenir l’emploi et la structure managériale d’Aluminium Dunkerque, affirmant qu’ils ne prévoyaient pas de changements significatifs. Il a aussi souligné leur volonté de mener une stratégie industrielle à long terme, en se concentrant sur la décarbonation et l'innovation. "Nous croyons fermement à la continuité, car nous sommes avant tout des investisseurs industriels," a-t-il déclaré.
De son côté, Guillaume de Goÿs, président d'Aluminium Dunkerque, a salué cette association potentielle, mettant en avant la réputation d'Alba pour l'excellence opérationnelle et son engagement envers une production d'aluminium à faibles émissions. "Aluminium Dunkerque se porte bien, avec un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros et un bénéfice net de 120 millions pour 2024," a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Économie a également souligné la nécessité d’un examen approfondi afin de s’assurer que ce rachat contribue à la durabilité de l'industrie locale et qu'il respecte les intérêts économiques français. "Aucune demande officielle n’a encore été déposée concernant cette acquisition," a-t-il précisé.
Enfin, la possibilité d'accueillir Bpifrance au sein de l'actionnariat d'Aluminium Dunkerque témoigne de l'intention de renforcer le tissu industriel français. Les discussions à ce sujet, comme rapporté par plusieurs sources, notamment Reuters, devraient se poursuivre dans les prochains jours.







