Lors d'une audition à l'Assemblée nationale ce mercredi, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a exprimé fermement que l'institution ne renoncera jamais à l'argent liquide. Malgré une diminution de son usage, il affirme que l'accès aux espèces reste un droit fondamental pour les citoyens.
« La Banque de France n'abandonnera jamais les espèces (...), l'accès aux espèces est un droit central de nos concitoyens », a déclaré Villeroy de Galhau en réaction à la disparition croissante des distributeurs automatiques de billets.
Une diminution inquiétante des distributeurs
Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, le nombre de distributeurs de billets a chuté de 1 500 en 2024, un phénomène attribué aux stratégies d'économies des banques, qui s'intensifient. Villeroy de Galhau a reconnu que cette baisse était « un point effectivement à surveiller ».
D'autre part, le volume total des retraits, que ce soit aux distributeurs ou aux guichets, a également accusé une diminution. En 2024, la France a enregistré plus de 1,1 milliard de retraits, représentant une baisse de 4,3 % par rapport à 2023, et de 7,1 % en comparaison avec 2022.
En revanche, la tendance s’inverse concernant le montant moyen retiré : il a atteint 126 euros en 2024, en hausse par rapport à 82 euros en 2014, comme l’indique le document « Parlons cash » de la Banque de France.
L'essor des paiements par carte bancaire
Une étude récente de la Banque centrale européenne (BCE) a révélé que, pour la première fois l'année dernière, la part des paiements en espèces dans les commerces (supermarchés, restaurants, salons de coiffure, etc.) a été eclipsée par celle des paiements par carte bancaire.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également soulevé en mai dernier l'idée de « la fin de l'argent liquide » comme une stratégie pour lutter contre le trafic de drogue.
En réponse à des questions des députés concernant les régulations entourant l'accès au crédit immobilier, Villeroy de Galhau a affirmé qu'il n'y avait « pas de raison aujourd'hui » de changer les règles en vigueur telles que la durée maximale de 25 ans ou la limitation à 35 % du revenu pour le remboursement.







