Le ministère des Transports a récemment présenté un projet de loi-cadre ambitieux visant à revitaliser le secteur des transports en France. Prévue pour être soumise en conseil des ministres le 4 février, cette initiative a été élaborée suite à des discussions approfondies lors de la conférence « Ambition France Transports », qui a réuni des experts, parlementaires et représentants d'usagers.
Selon la plateforme Mobily-Cités, cette loi reconnaît enfin que la mobilité est un enjeu majeur à la fois social, économique et environnemental. En France, les citoyens passent en moyenne plus d'une heure chaque jour dans les transports, un coût qui représente près de 13 % du budget familial. Face à un sous-investissement chronique, cette loi vise à aborder ces défis de manière radicale.
Le gouvernement cherche à rénover un réseau ferré vieillissant, dont l'âge moyen approche les 30 ans, contre environ 15 ans en Allemagne ou en Suisse. Pour financer cette modernisation, des besoins de 4 milliards d'euros par an ont été estimés. L'État se propose de dégager des ressources à travers des mesures innovantes, y compris une partie des recettes des péages autoroutiers, qui pourraient représenter jusqu'à 2,5 milliards d'euros.
Une autre mesure clé de cette loi consisterait à favoriser l'indexation des tarifs de transport sur l'inflation, un mécanisme qui pourrait entraîner des hausses annuelles mais vise à garantir un meilleur financement des transports publics. Actuellement, la contribution des usagers français représente seulement un quart du coût des billets, bien en dessous des normes pratiquées dans d'autres pays européens.
Bien que cette initiative ait reçu un accueil favorable de certaines organisations de transport, des voix critiques s'élèvent. La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) est favorable à ces changements si cela conduit à un transfert modal vers des solutions de transport collectif plus robustes.
Comme l'affirme Laurent Dussaux, économiste des transports, « Cette loi pourrait significativement changer le paysage de la mobilité, mais tout dépendra de la mise en œuvre et de l'engagement des collectivités locales. » En somme, alors que la loi doit encore passer par le filtre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Parlement, elle semble représenter un tournant décisif pour la mobilité durable en France.







