Alors que le gouvernement a récemment annoncé une loi d’urgence et un plan de 300 millions d’euros pour le secteur agricole, les agriculteurs, emmenés par la FNSEA, ont décidé de rester devant l'Assemblée nationale pour toute la nuit. Cette mobilisation se poursuit malgré les promesses gouvernementales, témoignant d'un mécontentement persistant au sein du monde agricole.
Damien Greffin, vice-président de la FNSEA, a déclaré : "Nous avons pris la décision, après consultations, de prolonger notre présence ici. Il est crucial de revenir sur le sujet de la trésorerie, qui fait l’objet de discussions actuelles." En effet, la pression sur les exploitants agricoles est encore plus forte, car beaucoup souffrent de la précarité économique à la suite de divers aléas climatiques et économiques.
Pour ceux qui ont parcouru de longues distances, comme les manifestants des Hauts-de-France, il était plus judicieux de ne pas rentre chez eux sans avoir pu exprimer leurs revendications. "Nous ne pouvons pas repartir sans avoir obtenu des réponses claires sur nos besoins", a rajouté Greffin.
Une réponse gouvernementale en attente
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis la présentation d’un projet de loi en mars qui devrait aborder plusieurs priorités cruciales : la gestion de l'eau, la prédation animale et les moyens de production. Les exploitants espèrent que ces mesures seront adoptées avant l'été pour apporter des solutions pertinentes à leurs problèmes, notamment sur la trésorerie.
Dans son message sur X, le Premier ministre a souligné que la souveraineté agricole doit être plus qu'un simple slogan : "C'est une responsabilité nationale qui nécessite des actions concrètes". En parallèle, un amendement visant à introduire ce plan de 300 millions d'euros, porté par Annie Genevard, a également été proposé pour soutenir les exploitants.
Les nouvelles mesures comprennent un dispositif renforcé d’épargne de précaution, pour mieux affronter les coups durs sur le plan économique, ainsi que des incitations à la mécanisation collective. Ces dispositifs pourraient apporter un coup de pouce significatif au secteur, mais l'exécutif insiste sur le fait qu'ils ne pourront entrer en vigueur qu'avec l'adoption du budget, un message clair à l'adresse tant des exploitants que des parlementaires.
Les experts du secteur, comme France Info, soulignent que cette crise met en lumière des enjeux structurels au sein de l'agriculture française, qui ont été négligés durant des années. Les agriculteurs attendent des mesures à long terme, capables d'assurer leur viabilité économique.







