Le budget de l'État pour 2026 revient en force au sein de l'Assemblée nationale, après une première lecture infructueuse. Ce jeudi, les travaux en commission reprennent, alimentant l'espoir d'une adoption rapide, même si cela pourrait nécessiter l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet au gouvernement d'imposer un texte sans vote.
Une commission mixte partiaire, réunissant députés et sénateurs, avait déjà conclu le 19 décembre que les deux chambres ne parviendraient pas à un accord sur la version du texte, rendant impossible une adoption avant la fin de l'année 2025. Cette impasse a contraint le gouvernement à recourir à une loi spéciale pour garantir la continuité des finances publiques, prorogeant ainsi certains impôts, mais suspendant des augmentations prévues, notamment pour la défense.
Les discussions autour du projet de loi de finances vont s'étendre de jeudi à samedi en commission, suivies d'une séance à l'Assemblée à partir de mardi. Si le texte venait à être adopté, il devrait ensuite recevoir l'aval du Sénat pour une ratification définitive, ou être renvoyé une troisième fois à l'Assemblée.
Pour le gouvernement, l’objectif est clair : parvenir à un budget équilibré avant la fin du mois et ramener le déficit sous la barre des 5%, contre 5,4% en 2025. Le socialiste Boris Vallaud déclare d’ailleurs dans Libération qu'il est grand temps de sortir de cette phase budgétaire complexe.
L’utilisation du 49.3 se profile donc comme une option probable. Tandis que des groupes tels que le PCF, les écologistes, LFI et le RN expriment des positions d’opposition, les votes des socialistes et des députés indépendants de Liot sont cruciaux pour qu'un consensus se forme. Cependant, le PS semble réticent à soutenir le texte dans sa forme actuelle, comme l’indique Vallaud.
La réunion à Bercy, dirigée par les ministres Amélie de Montchalin et Roland Lescure, a révélé la tension au sein de la coalition : plusieurs participants ont rapporté que De Montchalin reconnaissait le 49.3 comme la seule solution, malgré les assurances précédentes de Sébastien Lecornu envers le PS.
D’autre part, les amendements se multiplient, avec plus de 2.000 déjà déposés, et des débats houleux sont à prévoir autour des recettes et des dépenses publiques. Le rapporteur général du budget de LR, Philippe Juvin, propose une hausse des recettes de 2,93 milliards d'euros, tandis que le PS appelle à une augmentation des dépenses de 9 milliards. Ces divergences promettent de raviver les tensions politiques autour de ce budget crucial, comme le souligne un article du Figaro.
À l'approche de ces discussions, la question de la stratégie à adopter pour éviter un blocage complet demeure ouverte. Les perspectives sont donc incertaines pour un budget qui devra naviguer entre les exigences de continuité budgétaire et les attentes des différents partis.







