Le weekend s'annonce comme un répit avec le reflux de la canicule en France, prévue pour se terminer ce dimanche soir. Néanmoins, des signaux inquiétants de surmortalité commencent à se manifester après une semaine de fortes températures éprouvantes pour de nombreuses personnes.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a révélé dans une interview accordée à La Tribune qu'un nombre de décès supérieur à la normale est clairement observable. « Nos données montrent qu'il est très probable que la mortalité dépasse celle de l'année précédente à la même période », a-t-elle précisé.
Elle a également souligné que les effets des vagues de chaleur sont retardés. « On observe une affluence aux urgences jusqu'à dix jours après les épisodes de chaleur, particulièrement chez les plus fragiles mais aussi chez des jeunes », a-t-elle ajouté.
Parallèlement, la France a enregistré 74 décès dus à des noyades depuis le 18 juin, une grande partie sur des lieux de baignade non surveillés, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien avec Le Parisien.
À l’AP-HP, où un plan d’urgence sanitaire a été mis en place, on observe une activité exceptionnelle dans les services d'urgence. Cette semaine, les appels au Samu à Paris et dans sa banlieue ont bondi de 80 %, soulignant la pression persistante sur le système de santé.
Bien que l’alerte rouge soit en cours de levée—37 départements étaient encore en alerte au nord-est samedi, réduits à 24 dimanche—les effets de la canicule continuent d'affecter le pays.
La contribution du changement climatique à ces vagues de chaleur est indéniable; à l’échelle de l’Europe, quelque 193 millions de personnes ont fait face à des températures supérieures à 35°C. Selon Météo-France, cet épisode est considéré comme encore plus intense que celui d'août 2003.
« On se retrouve à dormir quatre à cinq heures tandis qu'il m'en faudrait six à sept heures », confie Nelly Koebel, une habitante de Strasbourg, attirant l'attention sur l'épuisement général causé par ces températures extrêmes.
Antoine Alibert, adjoint au maire de Paris en charge de la santé, déplore des décès évitables, exactement ceux de personnes de 40 à 50 ans, souvent isolées chez elles. Cette surmortalité à domicile est un problème souvent négligé.
La détermination de cette surmortalité liée à la chaleur peut prendre des mois, étant donné que la causalité est complexe à établir. En 2025, l'agence Santé publique France a évalué que la chaleur a causé environ 5,700 décès en France.
Nicolas Revel, directeur général de l’AP-HP, a nuancé l'impact de cette période sur le bilan, soulignant les avancées réalisées depuis la canicule de 2003. Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire, a indiqué une saturation des chambres funéraires dans plusieurs régions, notamment à Paris avec ses deux funérariums débordés.
Météo-France a également prévenu de violents orages à venir, avec un risque accru d'incendie, notamment en Haute-Loire où 70 hectares ont déjà été ravagés. À travers le pays, de nombreux événements, y compris des festivals, ont été annulés en raison des conditions météorologiques extrêmes.
Ainsi, Laurent Nuñez a répertorié 336 mesures liées à la chaleur, y compris des interdictions d'événements sportifs et culturels sur tout le territoire.







