Le régulateur indien des marchés financiers, le Securities and Exchange Board of India (Sebi), a mis au jour des irrégularités alarmantes dans les comptes de Rajesh Exports. Cette entreprise, figure majeure du secteur aurifère, a enregistré un chiffre d'affaires de 72 milliards d'euros (7,7 milliards de roupies) l'année dernière. Néanmoins, une étude du Sebi indique que 97 à 99 % de leurs revenus pourraient être fictifs, qualifiant cet écart d'"épouvantable et sans précédent" selon un rapport de CNBC.
D'autres anomalies ont été mises au jour lors de l'enquête. En effet, des documents révèlent que le directeur général de la société ne touchait que 17.000 roupies par mois, soit environ 160 euros. Pire encore, le directeur financier n'a perçu aucun salaire depuis 2020, comme le rapportent nos collègues de Times of India.
Les perquisitions effectuées ont également mis en lumière des transactions douteuses, notamment celles en provenance des Émirats arabes unis, où un écart de 40 % a été noté entre les stocks d'or déclarés et ceux effectivement retrouvés. Ce constat renforce les allégations de malversation et de blanchiment d'argent.
Des alertes déjà émises en Suisse
Cette affaire suscite une grande inquiétude jusqu'en Suisse, où Rajesh Exports possède Valcambi, la plus grande raffinerie d'or du pays et l'une des plus notables au monde. Les soupçons d'une manipulation massive des chiffres d'affaires de Valcambi, s'élevant à 159 milliards de dollars (140 milliards d'euros) entre 2020 et 2025, sont soutenus par des accusations d'opacité dans la provenance de l'or importé de Dubaï. Le quotidien suisse Le Temps rappelle que Rajesh Exports a acquis Valcambi en 2015 pour environ 400 millions de dollars, mais le manque de transparence de l'entreprise concernant l'or issu de zones de conflit au Soudan a soulevé des questions sérieuses.
En 2023, la RTS rapportait que Valcambi continuait à collaborer avec une société dubaïote suspecte de blanchiment, accentuant les doutes sur la légitimité de ses opérations.







