Cette semaine, Sébastien, résident de Chouzy-sur-Cisse, présente un miroir au design surprenant pour expertise. Aymeric Rouillac, commissaire-priseur, nous éclaire sur l’évolution et la valeur de cet objet d’art.
Avec les températures élevées de ces derniers jours, il est essentiel de trouver des moyens de se rafraîchir, que ce soit par la climatisation, les ventilateurs ou encore les éventails.
Le miroir de cette semaine entre parfaitement dans ce thème. Sa forme évoque celle d'un éventail, avec ses brins ornés de marqueterie en bois sur un fond d’ivoire. Ce décor s’inspire clairement de l'esthétique japonaise, où un faisan s’élève dans un motif floral. Deux signatures marquent son authenticité : la première apparaît sur l’avers, « FD Bté », pour Ferdinand Duvinage Breveté, et la seconde figure au dos, celle de la Maison Alphonse Giroux, à Paris.
La Maison Alphonse Giroux a été un des principaux fournisseurs d’objets de luxe au cours de la seconde moitié du 19ᵉ siècle, particulièrement connue pour ses pièces précieuses sous le Second Empire. Son illustre clientèle incluait des figures telles que la tsarine de Russie, l’impératrice Eugénie ou encore l’écrivain Alexandre Dumas. En 1867, Fernando Duvinage acquiert l’entreprise, et à sa mort en 1874, sa femme continue l'œuvre. En 1877, elle reçoit un brevet pour sa technique de marqueterie sur fond d’ivoire, un procédé innovant appelé « cloisonnement métallique ».
une fascination pour l’esthétique japonaise
Les décors de ce miroir s'inscrivent dans la mode japonisante, extrêmement populaire à la fin du 19ᵉ siècle, à la suite de l’ouverture du Japon au commerce mondial durant l’ère Meiji. Après avoir été pratiquement fermé aux étrangers pendant deux siècles, le Japon s’ouvre à l’international, adoptant des technologies européennes tout en exportant ses créations artisanales. Des objets japonais affluent en Europe, tandis que les manufactures occidentales s’efforcent de réinterpréter ces modèles nippons pour plaire à une clientèle avide d’exotisme, un phénomène accentué par la participation japonaise aux Expositions universelles dès 1868. Ainsi, ces échanges culturels entre l’Orient et l’Occident nourrissent une influente collaboration artistique.
Le miroir de Sébastien est donc le témoignage de cette rencontre entre deux cultures : une esthétique japonaise intégrée à un objet européen, façonné à partir de matériaux somptueux pour une clientèle distinguée. La signature d'Alphonse Giroux est un gage de qualité, permettant d’estimer cet objet à une fourchette de prix de 2000 à 3000 euros. Notons toutefois que la présence d’ivoire nécessitera l’obtention d’un certificat Cites avant toute transaction. Cette somme pourrait vous offrir quelques vacances au bord de la mer comme une échappatoire à la chaleur estivale. Pourquoi pas au Japon ?







