Lors de sa visite ce lundi à l'usine Goodyear d'Amiens, Emmanuel Macron a affirmé son engagement en faveur d'une Europe plus protectrice de son industrie. Selon lui, cet établissement incarne parfaitement la lutte pour la réindustrialisation de la France.
Depuis 2022, Goodyear a investi 148 millions d'euros, incluant 44 millions d'aides publiques, pour moderniser cette usine. Ce dynamisme a permis de maintenir environ 800 postes de travail et d'initier une centaine de recrutements, marquant une première suite à la fermeture de l'ancienne usine Amiens Nord en 2014. "La réindustrialisation est envisageable," a déclaré Macron, soulignant qu'"il n'existe pas de fatalité" dans ce processus. Ces propos font écho aux milliards d'euros d'investissements étrangers annoncés lors du sommet Choose France, qui témoignent de la crédibilité du chef de l'État.
Une réponse face à la concurrence mondiale
Alors que la concurrence internationale se renforce, Emmanuel Macron a évoqué les injustices liées à la compétition déloyale, notamment celle provenant de la Chine. Il a appelé l'Europe à prendre des mesures telles que des tarifs douaniers et des clauses de sauvegarde pour protéger les entreprises locales. "Ce n'est pas du protectionnisme, c'est de la juste protection," a-t-il insisté.
Cette position est d'autant plus pertinente au regard des difficultés rencontrées par Eurolysine, un autre acteur local, qui subit les effets de la concurrence asiatique. Récemment, un plan de recapitalisation de 70 millions d'euros a été mis en œuvre pour soutenir cette entreprise, en collaboration avec l'État par l'intermédiaire de Bpifrance.
Cependant, cette visite n’a pas été sans critiques. François Ruffin, député de la Somme et candidat à l’élection présidentielle, a rappelé que les enjeux de l'industrie locale demeurent préoccupants, citant la liquidation de la start-up Ynsect malgré une aide publique massive de 150 millions d'euros. "Le président vient lorsque les choses vont bien, mais cela ne doit pas occulter les défis auxquels nous faisons face," a-t-il souligné.
Emmanuel Macron poursuit son périple à Amiens, sa ville natale, en visitant l'Institut des troubles du neurodéveloppement au CHU, cherchant à concilier son discours économique avec les enjeux de santé publique.







