Le constructeur automobile Renault a exprimé des réserves sévères envers son partenaire Verkor, soulignant, ce lundi, des retards de production allant jusqu'à 18 mois et une baisse préoccupante de la compétitivité. En tant qu'actionnaire et unique client de Verkor, Renault a demandé des mesures urgentes pour "redresser sa trajectoire industrielle" et a insisté pour une gouvernance plus efficace.
Verkor, une jeune entreprise française fondée en 2020, a établi l'une des trois grandes usines de batteries dans le nord de la France. Cette gigafactory, inaugurée le 11 décembre 2025 près de Dunkerque, a nécessité un investissement de 1,5 milliard d'euros, bénéficiant notamment d'un soutien substantiel de l'État français et de l'Union européenne.
Renault choisit de ne pas collaborer avec Verkor pour son nouveau Master électrique
Renault a clarifié sa position sur son partenariat avec Verkor, détenant 12% des parts de cette entreprise. Le constructeur a affirmé son rôle important en tant que client et ses contraintes économiques incontournables. Selon ses déclarations, "les différenciations de coût de Verkor par rapport à d'autres produits similaires en Europe se sont amplifiées, ce qui est insoutenable pour nous".
En conséquence, Renault a décidé de se tourner vers des fournisseurs alternatifs pour les batteries de son nouveau Master électrique, une décision révélée par l'hebdomadaire Marianne. Cela représente un coup dur pour Verkor, qui espérait renforcer sa position sur le marché.
Verkor est conscient des défis concurrentiels
Dans le cadre de ses engagements passés avec Renault, liés notamment à l'Alpine A390 GT, Verkor a dû faire face à des retards de livraison substantiels. En raison de ces délais, le constructeur s'est vu dans l'obligation de se procurer des cellules de batteries auprès de LG, mettant à jour ses coûts. Renault a aussi rappelé que Verkor devait prouver sa capacité à améliorer ses performances tout en proposant une feuille de route sérieuse et une gouvernance efficace.
Dans une réaction à ces critiques, Verkor a confirmé son engagement à respecter le calendrier de production, promettant le lancement de la production en série dans le seconde semestre 2026. Dans un communiqué, l'entreprise a reconnu que dans un environnement industriel en constante évolution, les ajustements pratiques et les dialogues ouverts sont essentiels pour le succès du projet.
La nécessité d'une industrie européenne des batteries durable et concurrentielle est urgente. Le groupe Stellantis a également rencontré des défis similaires avec sa coentreprise ACC, signalant de profonds retards et effectuant des changements au sein de sa direction pour remédier à cette situation. Dans ce contexte, la France est en pourparlers avec Bruxelles pour obtenir des prêts significatifs pour soutenir ses gigafactories, y compris celle de Verkor.







