Le paysage de l’épargne est assombri. En avril, les Français ont de nouveau puisé dans leurs Livrets A, préférant se tourner vers des alternatives plus lucratives. Selon les données publiées par la Caisse des dépôts (CDC), l'encours a chuté de 1,28 milliard d'euros, marquant ainsi la quatrième baisse consécutive.
Il s'agit du plus mauvais résultat pour un mois d’avril depuis 2009, lorsque la Caisse des dépôts a commencé à collecter ces données. Malgré tout, l'encours total reste conséquent, atteignant 445,2 milliards d’euros, répartis sur environ 58 millions de Livrets A.
Les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), qui affichent le même taux que le Livret A (1,5% depuis février), ont également subi une perte, avec des retraits dépassant les dépôts de 250 millions d’euros, portant leur encours à 165 milliards d’euros fin avril.
Cinq milliards d’euros évaporés des livrets A et LDDS
Au total, près de cinq milliards d'euros ont disparu de ces deux types de produits d’épargne réglementée depuis le début de l’année, établissant ainsi un record inquiétant sur 18 ans.
Cette désaffection s'explique principalement par la baisse significative de leur taux de rémunération, qui a été divisé par deux en une année. Conséquence directe, l’assurance-vie, produit concurrent, attire de plus en plus d’épargnants, selon des analyses de l’Économie.
Les fonds déposés sur les Livrets A et LDDS sont généralement destinés au financement du logement social et à d'autres projets urbains. Cependant, la Caisse des dépôts préconise de diversifier cet investissement, incluant le soutien à de nouveaux réacteurs nucléaires. Cette approche suscite des critiques. Des organisations telles que le Droit au Logement (DAL) et Greenpeace affirment que cela pourrait se faire au détriment des efforts liés au logement social.
« Cette utilisation de l’épargne réglementée (...) nuirait inévitablement au financement des logements sociaux et à leur isolation », ont souligné ces organisations dans un communiqué.
Décision à la mi-juillet
Malgré cette tendance actuelle, le Livret A pourrait connaître un regain d'intérêt cet été, en vue d'une hausse probable de son taux, stimulée par l'inflation.
La décision concernant ce taux sera prise en mi-juillet par le ministre de l’Economie, Roland Lescure, ainsi que par Emmanuel Moulin, récemment nommé gouverneur de la Banque de France.
En parallèle, le Livret d’épargne populaire (LEP), qui offre un taux de 2,5% sous certaines conditions, ne semble pas non plus séduire les épargnants. En effet, la Caisse des dépôts indique qu'en avril, les retraits des LEP ont dépassé les dépôts de 320 millions d'euros.







