Des représentants russes cherchant des intercepteurs de drones ont croisé la route d'entrepreneurs avides de technologie avancée, à l'occasion d'une exposition majeure à Shenzhen, symbolisant ainsi la suprématie de la Chine dans le secteur des drones.
Lors du Congrès mondial des drones, divers aéronefs et véhicules sans pilote de toute taille ont été présentés, ainsi que des dispositifs de détection et des systèmes antibrouillage dignes des films de science-fiction. Cet événement, ouvert récemment à Shenzhen, s'est inscrit dans le cadre de la reconnaissance de la ville comme la capitale technologique de la Chine.
Les entreprises chinoises affichent une domination croissante dans une multitude de domaines, incluant l'agriculture, les infrastructures, et même les technologies militaires. Les appareils volants à haute altitude sont principalement dépendants de petits aimants et de composants essentiels, dont l'accès en Chine est sans équivalent ailleurs, tant en termes de diversité que d'efficacité.
"Lorsque vous avez besoin d'un composant, vous avez des centaines d'options ici en Chine," a affirmé Javier Balaguer, un exposant de la société espagnole Applus+ Laboratories. Il a aussi souligné que l'accès direct à ces produits facilitait considérablement le processus d'approvisionnement.
Plus de 1 200 entreprises ont pris part à l'exposition, où des milliers de visiteurs, attirés par des raisons diverses, ont eu l'occasion d'évaluer les innovations présentées.
Parmi les usages des drones les plus discutés récemment, leur rôle militaire dans la guerre en Ukraine est devenu prépondérant. Bien que Pékin prétende promouvoir un usage civil de la technologie, le flou autour du double usage commercial/militaire soulève des préoccupations au-delà des frontières.
Un participant russe, souhaitant rester anonyme, a partagé avec l'AFP son intérêt pour les "intercepteurs" de drones, sans en préciser davantage. De l'autre côté, trois Ukrainiens présents ont exprimé à quel point la technologie des drones était devenue vitale depuis le début du conflit, soulignant la domination de la Chine sur les chaînes d'approvisionnement, notamment pour des composants difficiles à obtenir en Ukraine.
- La technologie anti-drone en vedette -
L'événement a également attiré des participants venant d'Europe, du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-Est, désireux d'explorer l'expertise de Shenzhen, surnommée la "Silicon Valley chinoise", dans divers secteurs allant de la maintenance d'infrastructures à la surveillance aérienne.
Les organisateurs estiment que le salon pourrait accueillir environ 150 000 visiteurs cette année, et Balaguer a noté une croissance exponentielle de l’événement ces trois dernières années.
Une nouvelle tendance à surveiller : les technologies anti-drone. Wu Yingjie, directrice de Yinyan General Aviation, a indiqué que son entreprise s'efforçait de déployer des "contre-mesures anti-drones" le long de la frontière chinoise.
"C'est suite à la guerre en Ukraine que l'industrie des contre-mesures anti-drones a véritablement émergé," a-t-elle expliqué, tout en soulignant l'importance des drones pour assurer la sécurité à basse altitude.
- À la recherche d'innovations -
La firme DJI, un leader du secteur, a vu ses stands attirant une foule considérable. Fondée en 2006, la société, basée à Shenzhen, a conquis plus de deux tiers du marché mondial des drones récemment, selon plusieurs études.
D'autres entreprises, moins connues, ont présenté des innovations variées, telles que des dispositifs anti-brouillage, la reconnaissance sonore, l'imagerie thermique infrarouge, et des contre-mesures laser. Certaines ont également dévoilé des applications industrielles, incluant le levage de charges lourdes pour l'installation de lignes électriques.
Luca Musiolik, directeur de la société allemande DroneShine, a partagé son envie d'étudier les dernières technologies de nettoyage industriel par drones. "Il n'y a pas vraiment d'équivalent ni d'innovation émergente en Europe. Nous espérons nous inspirer de ce savoir-faire, à l'instar de la Chine avec l'industrie automobile allemande," a-t-il ajouté.







