Lors d'une déclaration le 21 mai, Olivier Andriès, directeur général de Safran, a affirmé que les relations entre le français et l'allemand sur le moteur du futur avion de combat européen sont excellentes, malgré les empêchements liés aux conflits entre Dassault Aviation et Airbus.
Depuis 2019, Safran et MTU Aero Engines développent le moteur du Scaf, s'attachant à préciser leurs rôles respectifs, ce qui a été la clé d'une collaboration réussie, comme l'a souligné Andriès.
Lors d'une assemblée générale, un actionnaire a questionné Andriès sur l'avenir de ce moteur en cas d'échec du projet Scaf. "La coopération se déroule si bien que nous avons décidé de nous associer également pour développer des moteurs puissants destinés aux hélicoptères", a-t-il répondu.
"Si un jour un hélicoptère successeur du NH90 devait voir le jour, nous avons convenu de collaborer avec MTU à ce sujet", a-t-il précisé.
Principe du 'meilleur athlète'
Cette collaboration est fondée sur le principe du "meilleur athlète", permettant à chacun de se concentrer sur son domaine d'expertise. Ainsi, Safran s'occupe des composants chauds et de l'intégration du moteur, tandis que MTU prend en charge les parties froides et les services associés.
Le moteur est conçu pour offrir des poussées élevées en vol supersonique et sa légèreté devrait optimiser la charge offensive de l'avion, tout en contribuant à sa furtivité. Sa performance surpassera celle du Rafale, permettant de transporter davantage d'armement.
Initié en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le programme Scaf est un symbole fort de la défense européenne, visant à établir un front uni face aux défis récents posés par la Russie et à l'incertitude croissante de l'engagement américain en Europe.
Une médiation entre Dassault, représentant la France, et Airbus, agissant pour l'Allemagne et l'Espagne, a été mise en place par Emmanuel Macron afin de relancer le projet, freiné depuis plusieurs années par des divergences industrielles.
Les tensions portent sur plusieurs points, notamment le contrôle des technologies critiques et les désaccords sur les transfert et la gouvernance des technologies. Le programme accumule déjà un retard de 3 à 5 ans, avec un service espéré autour de 2040, mais aucun démonstrateur n’est encore en vue pour 2026.







