« À notre arrivée au pouvoir, nous avons découvert un déficit budgétaire de 12 milliards de dollars. Aujourd'hui, je suis fier d'annoncer que nous l'avons ramené à zéro », s'est réjoui Zohran Mamdani, maire de New York depuis janvier. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a révélé un projet de budget de près de 125 milliards de dollars, équivalent au budget d'un État européen de taille moyenne, qui nécessite l'aval du conseil municipal d'ici le 30 juin.
Pour parvenir à cet équilibre, Mamdani, représentant des Socialistes démocrates d'Amérique, avait initialement envisagé d'augmenter la taxe foncière de la ville. Cependant, face à cette suggestion impopulaire, il a décidé de reconsidérer cette option, sachant que près de 30% des New-Yorkais sont propriétaires, avec une taxe moyenne de 6.300 dollars par an, plaçant ainsi la métropole parmi les villes les plus onéreuses du monde.
En février, le maire a reconnu que cette mesure frapperait également « les New-Yorkais de la classe ouvrière et de la classe moyenne », appelant la gouverneure Kathy Hochul à soutenir d'autres propositions de hausses d'impôts pour éviter d'avoir à recourir à cette solution de dernier recours.
Report des versements aux caisses de retraite
Kathy Hochul, gouverneure démocrate modérée, a répondu à cet appel en promettant 4 milliards de dollars supplémentaires de financement pour la ville, s'ajoutant à un engagement antérieur de 8 milliards. Elle a également annoncé un nouveau prélèvement sur les résidences secondaires, surnommé "taxe pied-à-terre", qui devrait générer environ 500 millions de dollars par an.
En outre, le maire prévoit de faire des économies en reportant des versements aux caisses de retraite municipales, ce qui pourrait permettre d'économiser environ 1 milliard de dollars par an, selon le New York Times. Bien que cela n'affecte pas les pensions versées actuellement, cela retarde une question complexe qui pèse lourdement sur les finances de la ville. Cette mesure requiert l'approbation des caisses de retraite et suscite déjà certaines controverses.
« Ce stratagème de retraite équilibre ce budget sur le dos des futurs New-Yorkais, faisant payer aux résidents du milieu des années 2030 le comblement du déficit budgétaire de l'exercice 2027 », a dénoncé la Commission du budget des citoyens (CDC).
Pour sa part, Mamdani défend son projet de "socialisme démocratique". « Nous n'avons pas comblé ce déficit aux dépens des travailleurs. Nous l'avons comblé tout en finançant des parcs, des bibliothèques, des rues plus sûres et en réalisant des investissements historiques dans le logement social », a-t-il affirmé.







