Les panneaux solaires, dont le nombre ne cesse d'augmenter à travers l'Europe, ont permis de battre des records de production d'électricité ce printemps. Cependant, comme le souligne Bloomberg, les réseaux électriques actuels ne sont pas en mesure de gérer ce surplus, entraînant la perte potentielle de 40 milliards de kilowattheures d'électricité verte durant l'été.
Au cours des mois estivaux, l'énergie solaire devient la principale source d'électricité sur le continent. Malgré l'essor rapide de cette technologie, qui s'étend de l'Italie à la Suède, un nouvel obstacle apparaît : les infrastructures ne suivent plus le rythme de production. "Les réseaux n’ont pas suivi le rythme", déclare Bloomberg.
Avec les journées qui s’allongent, la saison solaire bat son plein et les nouvelles installations de l’année précédente favorisent cette effervescence. De nombreux pays européens, notamment l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, enregistrent des records de production. Les prévisions annoncent même d'autres sommets à venir.
Malheureusement, lors des jours ensoleillés, la production pourrait excéder les besoins de consommation, contraignant certains exploitants à éteindre leurs installations temporaires, un processus connu sous le nom "d’écrêtement". À ce jour, environ 40 térawattheures d'énergie pourraient être gaspillées, équivalant à la consommation annuelle d'une mégapole comme le Grand Londres.
1 200 milliards d’euros d’investissements nécessaires
Ce déséquilibre sur le réseau n'affecte pas uniquement les producteurs d'énergie, mais également les consommateurs, comme le souligne le média américain. Pour compenser la croissance des énergies renouvelables, ces derniers risquent d'être confrontés au financement d'indemnités pour les producteurs forcés de limiter leur production.
De plus, la rentabilité des producteurs est mise à mal dès que les prix de l'électricité deviennent négatifs, un phénomène observé à plusieurs reprises durant les jours fériés comme Pâques, où l'excès de production a dépassé la demande. En Espagne, par exemple, 16 % de l'énergie solaire a été "écrêtée" au premier trimestre, un chiffre inquiétant qui double la proportion de l’année précédente. En Allemagne, cette tendance suit un parcours similaire, passant de 7 % à 13 % en seulement un an.
Face à cette situation alarmante, les gouvernements européens et les entreprises publiques doivent axer leurs efforts sur la modernisation des infrastructures, plutôt que sur l’augmentation de la production. La Commission européenne estime qu'environ 1 200 milliards d'euros d'investissements sont nécessaires d'ici à 2040 pour moderniser les réseaux et améliorer les capacités de stockage.
Au-delà de la perte d’électricité solaire durant les mois d'été, cette crise est accentuée par des enjeux géopolitiques, tels que la guerre en Iran, qui souligne la nécessité pour les pays européens de réduire leur dépendance aux énergies fossiles importées. D'ici là, une part significative de l'énergie propre continuera d'être perdue chaque été, sans solution immédiate en vue.







