La commission d’enquête de l’Assemblée nationale, dirigée par le député Charles Alloncle (UDR), publiera son rapport audacieux sur l’audiovisuel public, prévu pour ce lundi 4 ou mardi 5 mai. Ce document de 400 pages, adopté par un très mince margin de deux voix, suggère une réduction drastique d’un milliard d’euros, soit 25 % du budget du secteur.
Qualifié de "rapport pour sauver l’audiovisuel public" par son auteur, Alloncle, il est perçu comme un projet de "destruction" par ses détracteurs. Au cœur des recommandations, la fusion de France 2 et France 5 ainsi que la suppression de France 4. À peine dévoilé, ce rapport suscite une réaction judiciaire avec une plainte déposée.
Des mesures audacieuses et controversées
En effet, après six mois de tensions, la commission a adopté ce rapport sur "la neutralité et le financement de l’audiovisuel public" par un vote très serré de 12 voix contre 10, avec huit abstentions. Le président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a insisté pour qu'il soit rendu public, afin que "les Français puissent juger des méthodes de l’extrême droite".
Alloncle a exprimé son soulagement, déclarant qu’il redoutait que ce rapport soit censuré, affirmant qu'il assure une "transparence sur l’utilisation de l’argent des Français". Toutefois, la publication pourrait être retardée jusqu’au mardi matin, à confirmer par le député.
Plainte contre l'influence alléguée
En amont de cette révélation déjà controversée, l'affaire a pris une tournure judiciaire. Une plainte a ainsi été déposée par l’association anti-corruption AC!! auprès du Parquet national financier (PNF). Selon leur avocat, Me Jérôme Karsenti, le rapporteur aurait manipulé les débats en posant des questions de la direction de Lagardère News, favorisant ainsi des intérêts particuliers. Alloncle a cependant nié avoir utilisé ces questions.
Les recommandations pour la télévision et la radio publiques
La commission, créée en réponse à l'affaire Legrand-Cohen, recommande la suppression de plusieurs chaînes, dont France 4 et France TV Slash, dédiées aux jeunes, ainsi qu'une refonte de France 2 et France 5 en une "grande chaîne généraliste". Des mesures drastiques seraient prises, notamment la fermeture de Mouv', la chaîne hip-hop de Radio France.
Ces actions pourraient permettre d'économiser plus d’un milliard d’euros, équivalent à un quart des crédits alloués à l’audiovisuel public, les fonds devant être utilisés pour "l’entretien du patrimoine" de l’État.
Un enjeu politique majeur pour 2027
Alloncle voit dans ce rapport une chance pour un avenir meilleur de l’audiovisuel public, espérant qu'il empêchera toute privatisation à l'approche de la campagne de 2027. En revanche, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, soutient fortement la privatisation, promettant une consultation nationale à ce sujet.
Le rapport est déjà critiqué par plusieurs partis, notamment le PS qui y voit des \"mensonges\" et une approche idéologique de la part d’Alloncle. Au sein même du gouvernement, Catherine Pégard, actuelle ministre de la Culture, a déjà signalé sa volonté d’accélérer les réformes tout en gardant une vision ambitieuse, dialoguant avec les responsables de France Télévisions et de Radio France.







