Les employés de Polytechnyl se sont rassemblés le mardi 28 avril à Saint-Fons, à proximité de Lyon, pour exprimer leur mécontentement après la décision judiciaire validant la reprise de l'entreprise chimique par le fonds Lone Star. Ce dernier ne prévoit de maintenir que 72 postes sur 547.
Olivier Serre, âgé de 51 ans et employé depuis près de 30 ans dans l'usine Belle Étoile, a partagé son désespoir avec l'AFP : "Jusqu'à hier, j'espérais encore un miracle. Mais aujourd'hui, l'inquiétude est bien là, car je vais devoir changer de métier, ce qui ne sera pas simple, et encore moins de la même manière qu'auparavant".
Arrêt de l'activité prévu dès le 30 avril
Filiale du groupe belge Domo Chemicals, Polytechnyl a notamment produit des plastiques techniques à base de nylon pour l'industrie automobile, textile et électronique. Les installations de Saint-Fons et de Valence fermeront le 30 avril, le fonds ayant jugé que la situation financière de l'entreprise ne permettait pas de prolonger les opérations, selon un rapport d'Les Echos.
"Les derniers grains de polyamide ont été produits ce matin", a indiqué Véronique Buttez, déléguée CGT, qui a participé au rassemblement aux côtés d'une centaine de ses collègues, exhortés par les syndicats à se battre pour leur avenir.
Une offre jugée dérisoire
L'offre de reprise de Lone Star est évaluée à 10,1 millions d'euros, une somme considérée comme bien trop faible par les syndicats. Bruno Bouchard, délégué fédéral FCE-CFDT pour la branche Chimie, a déclaré : "Il ne s'agit pas d'une reprise mais d'un pillage déguisé. Ces décisions se traduisent par une transformation de vies humaines en simples lignes comptables".
Impact sur la communauté
Fabrice Clerc, technicien de performance de 60 ans, a exprimé son désarroi : "Belle-Étoile faisait partie intégrante de ma vie. La fermeture de Polytechnyl est un coup dur pour notre région." La Métropole de Lyon a également souligné la gravité de la situation, regrettant que des mesures significatives n'aient pas été prises en amont pour protéger ce site industriel essentiel.
La préfecture a assuré qu'elle s'assurerait que Domo respecte les réglementations de sécurité liées aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) dans la zone SEVESO, bien consciente des enjeux territoriaux en jeu.
Les témoignages d'employés et les critiques des syndicats reflètent une crainte généralisée concernant l'avenir de l'industrie chimique dans la vallée de la chimie lyonnaise. Alors que le secteur fait face à des défis sans précédents, l'engagement des travailleurs et des autorités locales sera crucial pour naviguer dans cette période tumultueuse.







