L'encadrement des loyers, insistant sur la nécessité d'une pérennisation, a permis de diminuer les prix d'environ 5 % depuis 2018, entraînant une économie annuelle de 968 euros, selon l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur). Cette étude, actualisée et publiée lundi, souligne une marge de manœuvre pour les petits logements, avec des loyers inférieurs de jusqu'à 12,4 % pour les surfaces de moins de 18 m².
Dans son expérience depuis 2018, l'Apur observe une "efficacité confirmée" de l'encadrement, constatant que les loyers sont restés inférieurs de 5 % à des niveaux qui auraient été atteints sans cette régulation.
Pour les Parisiens, cela se traduit par des économies de 81 euros par mois. En effet, le loyer moyen à Paris, actuellement de 1.519 euros, aurait atteint 1.600 euros sans cette mesure. Les données de SeLoger, en conjonction avec l'Apur, soutiennent ces conclusions.
Bien que les économies soient conséquentes, les dernières analyses révèlent également une augmentation alarmante des annonces de logements dépassant le loyer de référence, qui a grimpé de 12,4 points entre 2022 et 2025. Actuellement, 48,6 % des annonces excèdent les plafonds réglementaires en vigueur.
Cette hausse s'explique par des "compléments de loyers" associés à des caractéristiques qualifiées d'exceptionnelles, qui permettent aux propriétaires d'augmenter les loyers au-delà des limites imposées. Pour Jacques Baudrier, adjoint au logement de Paris, la montée des résidences secondaires et des logements vacants représente une contrainte pour le parc locatif.
Dépassements de loyers : une situation préoccupante
Les petites surfaces sont particulièrement touchées par ces dépassements, avec plus de 68,5 % des studios de petites tailles ne respectant pas la réglementation. Selon les statistiques, cette tendance est plus marquée dans les arrondissements centraux tels que le 16ème, où les taux de dépassement atteignent des niveaux inquiétants.
Marie Breuillé, directrice de recherche au Cesaer, conclut que l'évolution du marché locatif reste cohérente, malgré les crises sanitaires et d'autres événements perturbateurs.
Alors que le maire Emmanuel Grégoire sollicite le maintien des mesures de régulation, les résultats d'autres études, comme celles de l'Observatoire Clameur, remettent en question l'efficacité de l'encadrement, soulignant des impacts limités sur les loyers et un potentiel ralentissement de l'offre locative.







