Peut-on avoir confiance en OpenAI et ses promesses d'humanisme face à l’essor inéluctable de l’intelligence artificielle ? Une enquête récente parue dans le New Yorker laisse planer des doutes préoccupants. En effet, le magazine a recueilli des témoignages de près d'une centaine d'individus proches de Sam Altman, mettant en exergue des pratiques de leadership qui interpellent.
Dans son article, Altman est décrit comme un individu qui semble constamment chercher à plaire aux autres, adaptant ses discours au gré des entretiens pour maintenir sa position au sein d’un secteur en pleine effervescence. "Ce sont deux traits de caractère qui se retrouvent rarement chez une même personne", souligne un membre du conseil d'administration d'OpenAI.
Un manque d'éthique qui préoccupe
Certains témoignages, bien que n'allant pas jusqu'à prouver des malversations, citent des anciens collègues comme Ilya Sutskever et Dario Amodei, qui pointent du doigt des actes de "tromperie et de manipulation". Ainsi, les avertissements sur les compétences d'Altman à créer un environnement éthique pour une IA avancée se multiplient.
"Le problème avec OpenAI, c'est Sam (Altman) lui-même," a écrit Dario Amodei dans un mémo.
Le New Yorker soulève également un comportement inquiétant chez Altman, celui d'un dirigeant capable d'ignorer les conséquences de ses actes, notamment en utilisant des tournures de phrases destinées à minimiser ses promesses passées.
Une approche à court terme
Sam Altman paraît adopter un discours positif sur l’IA, allant à l’encontre de la critique qu’il reçoit régulièrement. Chris Lehane, responsable de la communication mondiale d’OpenAI, a reconnu dans une interview au Wall Street Journal que l’entreprise s’inquiète du scepticisme croissant face à son avance technologique.
Pour contrer cette tendance, Altman a annoncé des programmes visant à subventionner la recherche sur l’IA, notamment des bourses allant de 100 000 à 1 million de dollars. Toutefois, cette initiative semble davantage motivée par un désir de profit que par une réelle volonté d'éthique, comme l’entête de l’enquête le mettait en avant.
Les enjeux se précisent alors que l’échéance des élections de mi-mandat aux États-Unis se rapproche ; les Républicains pourraient, en cas de défaite, voir émerger des législations pour réguler les géants technologiques, un sujet sur lequel Altman a toujours eu des réserves.
Un chercheur d'OpenAI, interrogé par The New Yorker, a qualifié Altman d’adepte des "solutions temporaires" qui cherchent avant tout à adresser les critiques immédiates. "Il lance des initiatives qui semblent bénéfiques, mais qui, quand il est temps de les appliquer, sont abandonnées sans explication," conclut-il.







