Le parquet général de Paris a réclamé ce jeudi une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis à l'encontre d'Isabelle Adjani, ainsi qu'une amende de 250 000 euros, pour des charges de fraude fiscale aggravée et de blanchiment devant la cour d'appel de Paris. La décision finale sera connue le 1er juillet.
Dans cette affaire, Isabelle Adjani, qui avait déjà été condamnée en première instance à deux ans de prison avec sursis pour des faits similaires, a exprimé des doutes sur l'impartialité du procès. "Je me demande s'il n'y a pas une forme d'animosité personnelle à mon endroit", a-t-elle déclaré à l'issue de son audition, se positionnant en tant que "victime" de ce qu'elle appelle des "escroqueries successives".
Lors de son témoignage, elle a révélé n'avoir "jamais rempli une fiche d'impôt", qualifiant sa relation avec les papiers de "phobie". "Heureusement, car ça aurait été désastreux", a-t-elle ajouté, visiblement éprouvée par la situation.
Fraude fiscale ou victime d'escroquerie ?
Le procès a mis en lumière des faits que l'artiste, âgée de 70 ans, voit comme des contretemps malheureux. Elle est accusée d'avoir prétendument établi sa résidence au Portugal pour éviter de payer ses impôts en France, tout en ayant caché un don et des transactions financières douteuses. Sa défense repose sur l’idée que ses affaires ont été mal gérées par des conseillers fiscaux. Elle a aussi pointé du doigt certaines personnes de son entourage, comme son ex-compagnon, qu’elle accuse d'avoir exploité sa confiance.
Insistant sur son malheur, elle a évoqué des parallèles avec des événements traumatisants de sa vie, déclarant : "J'ai tout payé pour lui et sa famille. J'étais persuadée qu'il était victime d'une conspiration, tout comme moi en 1987 avec ces rumeurs infondées sur le sida."
Concernant des fonds versés par un ami, Isabelle Adjani rejette fermement les accusations selon lesquelles ces montants seraient une tentative de dissimuler une donation déguisée afin d’éviter des taxes sur les successions. Son avocat, Me David Lepidi, a plaidé pour sa relaxe, appelant à une plus grande empathie de la part du parquet. La tension est palpable alors que le verdict approche.







