La lutte contre la fraude aux cotisations sociales en Picardie connaît une évolution marquante. Selon l'Urssaf, le montant des redressements s'est établi à 11,7 millions d'euros en 2025, contre des 17 millions d'euros en 2024 et 34 millions en 2023. Cette baisse soulève des interrogations : les entreprises sont-elles devenues plus ingénieuses ou est-ce la détection qui se révèle moins efficace ?
Christophe Finsterlé, directeur de l'Urssaf de la Somme, plaide pour une réévaluation de la méthode de contrôle. « C'est un choix délibéré de prolonger les enquêtes afin d'optimiser le recouvrement et d'agir sur les sanctions, tant financières que judiciaires », explique-t-il. Cette stratégie vise un meilleur ciblage des fraudes, même si le taux de recouvrement reste stable aux alentours de 10%.
Récemment, une opération conjointe avec la gendarmerie a abouti à la découverte d'une vaste fraude impliquant des agences d'intérim, avec près de mille salariés non déclarés à Amiens. Finsterlé souligne que cette affaire, révélée grâce à une alerte de la CAF de la Somme, est « exceptionnelle aussi bien dans son ampleur que dans son mécanisme ». L'affaire met en avant l'importance de la collaboration entre les différentes administrations pour détecter rapidement ce type de fraude.
Pour renforcer ses moyens, l'Urssaf Picardie se prépare à voter un texte à l'Assemblée nationale qui introduira la notion de « flagrante social ». Cette mesure permettra à l'Urssaf de conserver des actifs dès qu'une fraude est détectée, y compris le gel de comptes bancaires, offrant ainsi un nouvel arsenal pour lutter efficacement contre la fraude. Finsterlé insiste : « Cette autonomie accrue est essentielle pour notre efficacité ». L’Urssaf Picardie a également récemment renforcé ses effectifs avec l’ajout de six agents, d’un juriste supplémentaire et de deux nouveaux agents de recouvrement.







