Lors d'une cérémonie mémorable, le Primat orthodoxe a été officiellement reçu ce lundi comme membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques à l'Institut de France, prenant symboliquement la place laissée vacante par Benoît XVI.
Dans un cadre solennel sous la coupole de l’Institut, un manuscrit du XVIIe siècle, contenant les écrits de saint Maxime le Confesseur, a été remis au Patriarche Bartholomée Ier. Ce cadeau, rare et précieux, témoigne d’un lien spirituel mais aussi intellectuel entre l’héritage chrétien et l'humanité. Le grand rabbin Haïm Korsia et l'archevêque émérite de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, étaient présents pour cette remise qui a éludé l'attribution traditionnelle de l'épée d’Académicien en l'honneur d'une figure ecclésiastique.
S’exprimant en français avec aisance, Bartholomée Ier a salué l’œuvre et la pensée de Joseph Ratzinger, rappelant sa proche relation avec Benoît XVI. Il a conclu son hommage par un émouvant : que ta mémoire soit éternelle, saint frère !
Le Patriarche a souligné le besoin urgent de vérité dans nos sociétés en crise, notant que « la vérité n’est pas une abstraction, mais le Christ lui-même ». Il a rappelé que la crise actuelle est principalement de nature théologique. Ce message, tiré des pensées de Benoît XVI, résonne avec force alors que le monde semble de plus en plus perdu.
Évoquant les nombreuses rencontres avec Benoît XVI, il se demandait quelle serait sa réponse face aux défis actuels : « Il nous rappellerait sans doute que la crise est d’abord de nature théologique. » Il a mis en lumière le rôle de la transcendance pour restaurer la dignité humaine et apporter la paix dans le monde.
En conclusion, Bartholomée a appelé l'assemblée à rechercher une vérité unificatrice, loin des idéologies divisives. Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales (Ifri), a noté que l'Académie doit reconnaître le rôle des autorités spirituelles dans cette recherche.
Le patriarche, souvent perçu comme un « passeur » entre cultures, incarne des valeurs essentielles telles que la réconciliation, le respect pour la Création et la profondeur spirituelle, toutes considérées vitales face aux crises contemporaines. Sa position de leader religieux est à la fois un atout dans le dialogue international et un défi sur le plan institutionnel.
En soulignant l'importance d'une gouvernance mondiale éclairée par l'éthique, Montbrial a mis en lumière le rôle unique de Bartholomée dans un contexte où le dialogue est plus que nécessaire, mais essentiel pour contrer la montée de la violence, instrumentalisée par des identités religieuses. En définitive, le patriarche offre une voix contre la sacralisation de la politique, plaidant pour une sagesse qui transcende les conflits contemporains.







