Des ateliers pour découvrir la réalité des études de santé
Au sein du lycée, l'environnement a radicalement changé. Dans une salle de travaux pratiques, les élèves ne se contentent plus d'étudier des manuels, mais manipulent du matériel d'anatomie et des organes pour appréhender les études de santé. Utilisant des abats de porc, similaires à l'anatomie humaine, ils réalisent des exercices d'observation et d'identification. "Voilà sur quoi on va travailler. C’est décoré, donc le cœur est caché quelque part. Il va falloir essayer de le retrouver", explique Contant Bonnet, professeur de SVT, au lancement de l'exercice.
Les lycéens découvrent avec curiosité les différentes structures anatomiques : la langue, le larynx, ainsi que la trachée et l'œsophage, tout en s'initiant aux techniques de suture. "Ces ateliers répondent à une réelle attente des élèves qui souhaitent explorer de manière plus concrète et moins théorique", souligne un enseignant. Selon lui, cette approche leur permet de se familiariser avec les défis concrets qu'ils rencontreront dans leurs futurs cursus médicaux. Un élève partage son hésitation : "On ne se rend pas compte à quel point c’est compliqué. Manipuler l’aiguille, les ciseaux... je ne pensais pas que c’était aussi difficile".
Anticiper les exigences de la première année de faculté
Mais ce programme ne s'arrête pas là. En plus des ateliers pratiques, les élèves suivent des cours concentrés sur des disciplines scientifiques essentielles comme les SVT, les mathématiques et la pharmacologie, couvrant même des sujets allant au-delà des exigences de terminale. Chaque semaine, ces lycéens participent à deux heures de cours en petits groupes pour se préparer progressivement à une formation reconnue pour sa rigueur. "Quand on est en terminale, les études de médecine restent assez floues. Ici, on commence à comprendre le rythme et le type de travail qui nous attend", témoigne une élève.
Un projet lié aux besoins du territoire
Cette initiative, mise en place par la direction du lycée en collaboration avec la Communauté urbaine de Dunkerque, répond à une carence notable en matière de professionnels de santé. "En arrivant ici, j’ai pris conscience que nous étions confrontés à un manque de médecins", explique Laurence Hernu, proviseure de l’établissement. "Nous avons déjà des aides pour inciter les jeunes à revenir exercer ici, et cette classe prépa s'inscrit parfaitement dans cette logique".
Bien que ce dispositif d'accompagnement soit prometteur, la première année de médecine demeure particulièrement exigeante. Sur tous les campuses de l'ULCO, seuls quelques élèves réussissent à passer en deuxième année. Cependant, grâce à cette préparation matifiée par une meilleure compréhension des attentes académiques, le lycée espère offrir à ses élèves une voie plus accessible vers la réalisation de leurs projets d'orientation.







