« Nos attentes étaient concrètes, mais nous repartons sans réponse. » C'est ainsi que Jean-Marc Rivera, délégué général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), résume la immense déception ressentie par les transporteurs routiers après leur récente rencontre avec le gouvernement. Alors que le secteur peine à faire face à l'augmentation des prix des carburants dont la cause est largement attribuée à la guerre au Moyen-Orient, les transporteurs ont sollicité des aides spécifiques pour atténuer l'impact de cette crise.
« Aucune proposition ne nous a été faite », confie Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, fédération représentant environ 5.000 entreprises du transport routier, dont 80 % comptent moins de 10 employés. « C'est une énorme déception ».
Alors que la situation économique se dégrade, les transporteurs rappellent qu'ils ont exposé leurs besoins à plusieurs reprises au ministère des Transports et à Bercy, mais n'ont reçu qu'une promesse de réflexion : "Nous allons examiner la questions", s'insurge-t-elle. Comparativement, les transporteurs espagnols bénéficient déjà d'aides directes, un traitement que les transporteurs français ne comprennent pas. Selon Berthelot, cela pourrait leur donner un avantage compétitif en période de crise.
Divergences entre ministres
Face à cette situation, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a tenté de rassurer les acteurs du secteur. Il a indiqué que son ministère examinerait les propositions avancées par les transporteurs. Cependant, il a également affirmé que la situation actuelle n'était pas comparable à celle de 2022. Pour la secrétaire d'État à l'énergie, Maud Brégeon, les mesures prises jusqu'ici concernant la diversification des approvisionnements permettent de mieux faire face à la crise actuelle : « Nous avons des stocks, et notre parc nucléaire fonctionne à plein régime, ce qui protège les factures d'électricité des Français ».
Les acteurs du secteur, notamment la FNTR, demandent en particulier une plus grande réactivité dans la communication des prix du carburant, avec la mise en place d’un indice de référence actualisé toutes les deux semaines plutôt que chaque mois. Une telle mesure permettrait aux chefs d’entreprises de mieux anticiper les fluctuations des coûts sur leurs factures.







