Le procès de Tariq Ramadan, islamologue suisse, débute à Paris, où il est accusé de viols sur trois femmes entre 2009 et 2016. L'accusé conteste fermement les accusations portées à son encontre.
À 63 ans, le prédicateur, déjà reconnu coupable de viol en Suisse, risque jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. Il devra faire face à une cour exclusivement composée de juges professionnels jusqu'au 27 mars.
Au début de l'audience, l'une des plaignantes, Christelle (prénom d’emprunt), a demandé le huis clos pour préserver son anonymat, invoquant des menaces et du harcèlement antérieurs. Ses avocates, Mes Laura Ben Kemoun et Laure Heinich, ont souligné l'importance de cette audience après plus de huit ans d’une procédure difficile.
« Ce procès n’est pas un complot mais l’histoire tragique de trois femmes victimes de viols et d’emprise », a déclaré Me Sarah Mauger-Poliak, avocate de Henda Ayari, l'une des plaignantes qui a initialement déposé plainte en 2017, déclenchant l’enquête.
Ce procès a surgi après plusieurs rebondissements judiciaires. La cour d'appel de Paris a reconnu la nécessité d’un procès pour des faits graves, dont un viol aggravé commis sur Christelle à Lyon en 2009, ainsi que d'autres incidents ayant eu lieu à Paris et impliquant Ayari en 2012 et une troisième femme en 2016.
Bien qu'une quatrième plaignante, Mounia Rabbouj, ait été écartée par la cour d'appel, le débat sur la notion d'emprise a été revu. Les juges ont souligné que la violence était au cœur de ces récits, contrastant avec les tentatives de défense de Ramadan.
Les témoignages des victimes décrivent des actes sexuels marqués par la brutalité, mettant en avant des comportements dominants et coercitifs. Initialement, Ramadan avait nié ses relations avec les plaignantes avant de reconnaître des rapports adultères jugés par lui comme « consentis » mais emprunts de domination.
Malgré ses tentatives pour retarder le procès en demandant une réévaluation des preuves à son avantage, ses avocats ont exprimé leur préoccupation quant à la maîtrise de son dossier, faisant valoir son état de santé fragile. Ses avocates ont soutenu qu'il souffre de sclérose en plaques, ce qui complique sa comparution.
En parallèle, un verdict a été rendu contre lui en Suisse, où il a été condamné à trois ans de prison pour le viol d'une femme à Genève. Notons qu'il a l'intention de contester cette décision devant la Cour européenne des droits de l'homme. Les enjeux de ce procès sont d'une portée significative, révélant des dynamiques de pouvoir et des préjugés persistants dans la société.







