l'essentiel
les "garages fantômes" dupent des acheteurs en leur proposant des véhicules qui ne seront jamais livrés. Ces escroqueries incluent également des fraudes liées à des plaques d'immatriculation falsifiées, touchant des centaines de milliers de véhicules et entraînant des usurpations d'identité pour des victimes innocentes.
Des véhicules achetés, mais jamais reçus. Le modus operandi des escrocs est astucieusement rodé : ils s'enregistrent en tant que garage sous un numéro de Siret officiel, suscitant ainsi la confiance des clients. Ils proposent des automobiles à prix très attractifs, inférieurs de 20 à 30 % au prix du marché. Une fois l'acompte ou le montant total versé, les prétendus garagistes disparaissent.
Les pertes financières sont alarmantes. À Tourves (Var), une vingtaine de personnes ont été victimes d'un garage fantôme, totalisant un préjudice de plus de 400 000 euros. Des cas similaires se multiplient à travers le pays, avec des signalements récents à Fréjus (Var) et dans le Pas-de-Calais.
Fausses plaques
Ces "garages fantômes" cachent également une fraude plus vaste : celle des fausses plaques d'immatriculation. Émergeant en 2017, suite à la privatisation du registre des cartes grises et à la refonte du Système d'immatriculation des véhicules (SIV), certains acteurs du secteur automobile tirent profit de ce système en créant de fausses sociétés à l'aide de documents falsifiés et d'identités usurpées pour immatriculer des centaines de voitures.
Ces véhicules sont ensuite utilisés pour commettre des infractions dont les véritables propriétaires n'ont rien à voir. Selon une note de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) révélée par Le Parisien, il s'agit d'un phénomène de grande ampleur, impliquant des centaines de milliers de véhicules et des propriétaires véritables tout aussi nombreux. Chaque année, près de 250 000 voitures sont immatriculées frauduleusement.
Plus troublant encore, certains particuliers voient leur identité usurpée pour établir ces sociétés. Ils se retrouvent ainsi enregistrés comme détenteurs de ces véhicules fantômes et sont confrontés à des amendes totalisant des centaines de milliers d'euros.







