À partir du 1er mars, le ministère de la Santé mettra en place une hausse des forfaits facturés aux patients lors d’hospitalisations ou lors de passages aux urgences. Cette décision vise à faire économiser 450 millions d'euros à la Sécurité sociale. Mais quelles seront les nouvelles charges pour les patients ? Nous faisons le point.
Des augmentations comprises entre 2 et près de 4 euros
Le montant du forfait journalier hospitalier sera porté de 20 à 23 euros par jour, tandis que le forfait pour les patients hospitalisés en services psychiatriques augmentera de 15 à 17 euros. Le forfait patient urgences (FPU), facturé aux patients ne nécessitant pas d'hospitalisation, passera quant à lui de 19,61 euros à 23 euros. Ces augmentations sont donc comprises entre 2 et 4 euros.
Une nouvelle hausse programmée en avril
De plus, une autre hausse des tarifs est prévue pour le 1er avril. La participation forfaitaire pour des soins lourds, dont les coûts dépassent 120 euros, passera de 24 à 32 euros. Le ticket modérateur, qui varie selon le type de soin, sera également affecté.
La prise en charge inégale par les complémentaires
Ces augmentations ne sont pas couvertes par l'Assurance maladie, mais sont presque toujours prises en charge par les complémentaires santé, notamment avec les contrats responsables soutenus par l'État. Cependant, selon la direction statistique des ministères sociaux (Drees), environ 4% des Français, soit 2,5 millions de personnes, n'ont pas de complémentaire et devront supporter ces coûts eux-mêmes. Cette proportion monte à 12% parmi les 10% de la population la plus défavorisée.
Un communiqué du syndicat Unsa critique cette décision comme étant "profondément injuste et socialement irresponsable". Ils soulignent que cela impactera particulièrement ceux qui se trouvent juste au-dessus du seuil de pauvreté et qui n'ont pas accès à la complémentaire santé solidaire (C2S).
Des conséquences sur le portefeuille des Français
Les prix des complémentaires risquent également d'augmenter, entraînant un poids supplémentaire pour les ménages. Un représentant de l'Unsa a affirmé que les augmentations des participations aux soins peuvent avoir un impact disproportionné sur les ménages à revenus modestes, étant donné que le coût est deux fois plus élevé par rapport à leur revenu.
Le gouvernement assure que ce sera "indolore" pour les assurés
Le gouvernement a annoncé que ces changements devraient permettre d'économiser 450 millions d'euros pour la Sécurité sociale en "année pleine". Le cabinet de la ministre de la Santé a indiqué que ces mesures avaient été discutées lors du vote du budget de la Sécurité sociale, et les organismes complémentaires étaient prévenus. Selon eux, cela corrigera la baisse de la contribution des complémentaires au financement des hôpitaux et sera "indolore" pour la majorité des assurés.







