Dans un paysage politique français souvent dominé par les générations plus âgées, la question de la représentation des jeunes lors des élections municipales devient cruciale. Alors que la parité entre hommes et femmes est désormais la norme, les moins de 35 ans peinent à trouver leur place dans les instances décisionnelles locales. Selon les données récentes, seulement 4,7 % des élus de moins de 35 ans ont été élus en 2025, contre 12 % il y a deux décennies.
Lounes Lachgar, tête de liste à Plessis-Bouchard dans le Val-d'Oise, souligne que son âge pourrait être mal perçu par certains, bien qu'il estime que sa formation en sciences politiques lui confère une légitimité pour représenter les préoccupations de sa génération. À 21 ans, cet étudiant prône un renouvellement des générations au sein des conseils municipaux.
Florent Rossi, président de l’Association des jeunes élus de France et lui-même impliqué dans une campagne à Auribeau-sur-Siagne, insiste sur l'importance des jeunes dans les communes. Il espère que la tendance actuelle sera inversée et que les jeunes trouveront davantage de portes ouvertes dans les futurs scrutins.
La nécessité de quotas
Pour pallier cette sous-représentation, l'Union interparlementaire propose la mise en place de quotas d’âge pour les candidats. Ces quotas, selon eux, pourraient faciliter l'accès à des postes de décision et combattre le sentiment d'illégitimité que ressentent souvent les jeunes. Marine Seimandi, chargée de campagne pour Brest Ensemble, soutient que les quotas pour les jeunes pourraient contribuer à une représentation plus équitable des différents segments de la population. "Les listes paritaires ont prouvé leur efficacité pour les femmes. Pourquoi pas pour les jeunes ?"
Cependant, certains élus expriment leur scepticisme. Paul Boedec, maire sortant de Landrévarzec, a des réserves quant à la mise en œuvre d’un tel système, arguant que la réalité des petites communes complique la constitution de listes jeunes. "Si une liste ne respecte pas les quotas, cela poserait un problème démocratique," avertit-il.
Un besoin d’adaptabilité
Pour que cette initiative puisse réellement fonctionner, des ajustements dans la gestion des mandats sont également nécessaires. La loi adoptée en décembre 2025 facilite la vie des jeunes élus en proposant des autorisations d'absence pour les étudiants et en facilitant le recours à la visioconférence lors des réunions. Fanny Chappé, maire de Paimpol, met en avant ces adaptations nécessaires pour garantir une réelle intégration des jeunes dans la vie municipale.
Au-delà des quotas, il est impératif d'adapter les structures à la réalité de la jeunesse, car une véritable représentativité ne se limite pas aux chiffres, mais nécessite aussi un environnement propice à l'engagement et à la participation active.







