L'essentiel
Jo Loubet, présidente de Vive le Cinéma à Muret, annonce la projection de The Apprentice au Véo Muret, le dimanche 15 février. Ce film explore l'ascension d'un jeune Donald Trump et examine les mécanismes du pouvoir.
Pourquoi avoir choisi de programmer The Apprentice dans le cadre des Dimanches du Mermoz ?
Cela s'inscrit dans notre volonté de promouvoir un cinéma profondément politique. The Apprentice n'est pas qu'un récit individuel, il révèle comment se forment le pouvoir, l'influence et les dérives autoritaires au sein même d'une démocratie. C'est le type de film que nous défendons à Vive le Cinéma : un cinéma éclairant notre époque et stimulant le débat citoyen.
Que raconte précisément le film d’Ali Abbasi ?
Le film retrace l'évolution d'un jeune Donald Trump, encore loin de la figure publique qu'on connaît. Il met en avant sa relation avec Roy Cohn, avocat influent et véritable architecte politique. À travers ce duo, Ali Abbasi illustre comment un pacte cynique peut mener à l'accès au pouvoir, coûte que coûte sur le plan moral.
En quoi ce film résonne-t-il avec l'actualité ?
On entend souvent que l'extrême droite "n'a jamais été essayée". Ce film prouve le contraire. Les États-Unis ont vécu cette expérience, dont les conséquences sont préoccupantes : affaiblissement des contre-pouvoirs, décisions contre l'intérêt général et atteintes aux libertés fondamentales. The Apprentice souligne le cheminement souvent prémonitoire vers une prise de pouvoir.
Vous avez invité Françoise Coste pour le débat…
Nous avons voulu croiser les regards du cinéma et de la recherche. Françoise Coste, professeure à l’Université Toulouse-Jean-Jaurès, est une spécialiste de l’extrême droite américaine. Ses recherches permettent de replacer le film dans une chronologie plus large : celle de la radicalisation du conservatisme américain.
Quel type d’échange attendez-vous avec le public ?
Nous espérons instaurer un échange ouvert, exigeant mais accessible. Il ne s'agit pas de donner des leçons, mais de réfléchir ensemble. Le film soulève des questions cruciales : comment une démocratie peut-elle se fragiliser de l'intérieur ? Quelle est la responsabilité des individus, des médias et des institutions ? Ces réflexions sont également pertinentes pour l'Europe aujourd'hui.
Les Dimanches du Mermoz ont-ils une vocation particulière ?
Oui, indéniablement. C'est un moment où le cinéma devient un outil de réflexion collective. Nous sélectionnons des films qui interrogent la société et les accompagnons de débats avec des réalisateurs, chercheurs ou acteurs de terrain. Cela permet de faire vivre le cinéma autrement que par la simple projection.







