En réponse aux vives inquiétudes du secteur agricole, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un déblocage de 300 millions d'euros pour soutenir les agriculteurs, avec une attention particulière sur la viticulture, l'élevage et l'irrigation. Ce plan d'urgence survient dans un climat de tensions exacerbées, alors que le projet de budget pour 2026 doit être discuté à l'Assemblée nationale dans les jours à venir.
Ce soutien financier, décrit par le Premier ministre comme un "engagement fort de l'État", dépendra cependant de l'adoption du budget par le Parlement. Dans une lettre adressée aux syndicats agricoles, Lecornu a souligné que cet effort serait une bouffée d'oxygène pour un secteur en difficulté. Les experts agricoles, parmi lesquels Thierry Rocher, économiste à l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), estiment que cette aide pourrait contribuer à stabiliser le secteur, notamment face aux défis posés par le traité UE-Mercosur, controversé parmi les agriculteurs.
Ce plan de 300 millions d'euros s'ajoute à un "paquet de mesures" précédemment détaillé par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Parmi ces mesures, on trouve 130 millions d'euros destinés à un programme d'arrachage de vignes touchées par la dermatose nodulaire, ainsi que 40 millions pour le "fonds hydraulique". D'autres allocations incluent 40 millions pour les grandes cultures et 30 millions pour des filières variées comme les fruits et légumes, en réponse aux nouvelles difficultés économiques rencontrées par les agriculteurs.
En parallèle, le gouvernement prévoit une visite de plusieurs ministres en Italie pour obtenir le soutien de partenaires commerciaux sur des questions climatiques et sanitaires, notamment l'importation de broutards vaccinés pour l'engraissement. Toutefois, l'horizon législatif reste incertain, le gouvernement devant composer avec plusieurs motions de censure, notamment de la part de La France Insoumise (LFI) et du Rassemblement National (RN), en réaction à l'adoption du controversé traité UE-Mercosur.
Dans ce contexte, la réaction du secteur agricole reste à surveiller de près. Des agriculteurs expriment des réserves quant à l'efficacité de ces mesures face à une situation qu'ils jugent alarmante. Comme l'indique Lucie Martin, une agricultrice du Languedoc-Roussillon, "ces aides sont bienvenues, mais elles ne suffiront pas à résoudre des problèmes structurels ancrés depuis des années". La tension monte alors que la mobilisation des agriculteurs témoigne d'un mécontentement grandissant, rendant essentielle une réponse politique adaptée et rapide.







