Mercredi, plusieurs départements de l'ouest et du nord de la France ont été touchés par des chutes de neige, entraînant une exaspération croissante parmi les chauffeurs routiers. Malgré des conditions locales parfois praticables, l'interdiction de circulation des poids lourds a été maintenue, mettant à rude épreuve la patience des conducteurs, immobilisés sur le bord des routes.
À Mondevert, en Ille-et-Vilaine, Karim Semmad, un chauffeur de 53 ans, s'est retrouvé bloqué derrière une barrière orange. "Ce matin, les routes étaient praticables, et en un rien de temps, nous avons été arrêtés" s'indigne-t-il, alors qu'il se dirigeait vers Laval. La préfecture avait mis en place une zone de stockage pour les poids lourds, accusant une inflexibilité face à des réalités parfois plus nuancées sur le terrain. Les plaques de verglas visibles rappellent néanmoins la rigueur des jours précédents.
Au fur et à mesure que l'heure tourne, la tension parmi les routiers augmente. "Que devons-nous faire ?" questionne un autre chauffeur visiblement épuisé. Christophe Naze, en route pour l'Ain avec du matériel agricole, témoigne : "On ne sait même pas jusqu'à quand nous devons attendre. On est perdus". Ses frustrations sont partagées par de nombreux autres dans la même situation.
Pour occuper leur temps, certains routiers trouvent des moyens divers : films sur leur téléphone, appels à la famille, voire jeux mobiles. "Je suis stationné près d'une aire de services, je peux me restaurer" explique Thierry Dufour, dont le camion frigorifique transporte des produits surgelés vers la région parisienne. Cependant, il souligne que les chauffeurs au fond de la file n'ont pas cette chance.
Face aux consignes fluctuantes, certains prennent des risques. Quelques camions ont, en effet, décidé de reprendre la route, espérant éviter les amendes. Un jeune conducteur en témoigne : "Mon collègue est passé sans être arrêté et est déjà en Mayenne où l'alerte a été levée ! Quelle est la logique ?" D'un autre côté, Toni De Pourcq, privilégiant la prudence, choisit de respecter une pause réglementaire, se disant : "Comme ça, je suis tranquille".
La solidarité n’est pas en reste, notamment dans le Val-d’Oise, où des gendarmes et une boulangerie locale ont fourni de la nourriture et des boissons à environ trente routiers bloqués sur l'A16. L'adjudant Quentin Patou témoigne de l'esprit d'entraide qui se manifeste dans de telles situations : "Quand il fait froid, il faut s'entraider. C’est aussi ça, notre mission". Entre colère, résignation et solidarité, les routiers font face à une situation entre chaos et camaraderie.







