Le tribunal administratif de Rouen a fixé un ultimatum de neuf mois à l'État pour qu'il adopte des mesures visant à protéger les fonds marins des "Bancs de Flandres", un site situé au large de Dunkerque. Quel sera l'impact de cette décision sur les réglementations entourant l'archipel de Chausey, également classé zone Natura 2000 ?
Cette décision est perçue comme un tournant par de nombreuses organisations environnementales, notamment la Fondation pour la Justice Environnementale (EFJ) et Défense des milieux aquatiques, qui ont également lancé un recours portant sur Chausey. Marie Colombiers, porte-parole de l'EJF, souligne : "Nous attendons un cadre réglementaire qui éradiquera la drague et le chalut. Le site de Chausey, reconnu pour son habitat marin unique, nécessite des mesures de protection renforcées, car nous considérons qu'il s'agit d'une aire marine protégée sur le papier, sans réelle protection actuelle."
Deux situations différentes
Pourtant, cette démarche n'inquiète pas Dimitri Rogoff, président du comité régional des pêches de Normandie. Il précise : "Nous ne sommes pas dans la même configuration qu'à Dunkerque, où la pression est plus forte. Actuellement, Chausey bénéficie d'un encadrement réglementaire pour limiter les activités de pêche, garantissant que la situation reste maîtrisée."
Marie Colombiers, tout en reconnaissant les efforts actuels, appelle à une meilleure adaptation des pratiques de pêche : "Bien que notre contentieux vise principalement le chalut de fond, il est crucial de prendre en compte la drague sur Chausey. Nous plaidons pour une transition équitable pour les pêcheurs, afin qu'ils ne soient pas brutalement affectés par des restrictions."
Le Conseil d'État rendra sa décision concernant le recours à propos de Chausey d'ici la fin de l'année, laissant entrevoir de potentielles évolutions dans la gestion des Aires Marines Protégées.







