Plus de 500 personnes ont convergé ce samedi à la Marche des Libertés de Biarritz, marquant un puissant moment de fête, de défi et de mémoire. Les participants ont illustré leur détermination à défendre les droits des LGBTQIA+, soulignant que les luttes pour ces droits sont toujours d'actualité.
Les drapeaux arc-en-ciel flottaient joyeusement face à l'océan. Sous un soleil radieux, le front de mer s'est transformé en une scène vibrante de couleurs, de paillettes, et de maquillages audacieux. L'événement a démarré avec un village associatif dès la matinée, suivi d'une Marche des Libertés dans l'après-midi qui a attiré plusieurs centaines de personnes dans une atmosphère festive. Néanmoins, un message fort transparaissait au sein des cortèges : les droits acquis ne doivent jamais être pris pour acquis.
Un devoir de mémoire
Marie Couche-Toi-Là, membre des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, défile avec ferveur. "Ça fait 34 ans que je suis militant, et j'ai découvert ce milieu en pleine épidémie de sida, grâce à l'associatif, ce qui m'a sauvé", partage-t-elle. Ces Sœurs ont été pionnières en offrant soutien et prévention durant une période où peu de structures étaient disponibles. "Nous avons été les premiers à prendre soin des malades pendant l'épidémie de sida, travaillant sans culpabiliser ni dramatiser", souligne Marie.
Les inquiétudes d'une avancée fragile
Parmi les visages colorés, Étienne, plus connu sous le nom de Graziela, a commencé son engagement militant à Lille il y a quinze ans. "Un de mes premiers combats a été le soutien à la loi sur le mariage pour tous", rappelle-t-il. Bien que cette victoire soit significative, il reste préoccupé par les reculs. "Les mentalités progressent par certains aspects, mais régressent dans d’autres. Ce qui semble acquis peut rapidement s’effacer", alerte-t-il.
Avoir le courage d'être soi-même
Aliénor, 69 ans, également présente, témoigne de sa lutte personnelle. "J'ai découvert ma féminité à l'adolescence, mais j'ai longtemps dû la cacher", partage-t-elle, révélant combien il est vital pour elle d’être fidèle à elle-même lors de ces manifestations. "Il ne faut surtout pas abandonner. Notre génération a ouvert des voies, mais le chemin reste long", conclut-elle avec détermination.
Une relève engagée
À quelques pas, Projet Omega, un jeune drag queen de 22 ans, évoque la nécessité d’inscrire ce combat dans la continuité. "Il est essentiel de se souvenir de ceux qui se sont battus avant nous, car nos droits sont encore fragiles. Nous avons le droit d’être ici, de nous affirmer et d’être entendus", affirme-t-il, incarnant l'optimisme et la détermination de la nouvelle génération.







