[Cet article a été initialement publié sur notre site le 6 juillet 2025, et republié le 13 juin dans le cadre de nos Journées portes ouvertes.]
À une époque où le surtourisme soulève de vives inquiétudes en Europe, le comportement des touristes est au coeur de toutes les discussions. Des correspondants du Daily Telegraph se sont penchés sur les perceptions des touristes dans différentes destinations prisées du vieux continent.
Des lieux comme Majorque et Corfou cherchent désormais à attirer des touristes jugés « meilleurs » – ce qui implique que certains vacanciers ne sont plus les bienvenus. Les Britanniques, très présents dans ces régions, sont particulièrement ciblés par cette critique.
Alors qui sont les pires ? Les Britanniques font-ils vraiment l'objet de ressentiment en Europe ? Afin de répondre à ces questions, nous avons interrogé plusieurs experts du tourisme ainsi que des habitants dans des destinations aux prises avec le surtourisme. Parmi eux, Anthony Peregrine (France), Heidi Fuller-Love (Grèce), Eddi Fiegel (Espagne), et Nicky Swallow (Italie) ont partagé des perspectives fascinantes sur le sujet.
Les touristes britanniques
Vus par les Français
À la surprise générale, les professionnels du tourisme en France évaluent les Britanniques plutôt positivement. Leur “élégance et politesse” sont souvent mises en avant. Danaé Pestel, responsable d’un office de tourisme, évoque leur “manière de poser des questions avec délicatesse”.
Pour de nombreux hôteliers, dépenser de l'argent dans les bars et restaurants avec courtoisie est un point uhuit motivant. Les Britanniques auraient même tendance à être plus détendus en vacances par rapport à leurs homologues français, souvent jugés plus stressés. Pourtant, certains professionnels soulignent une faiblesse : leur limite en matière de langue étrangère. Un employé d'un office de tourisme déclare : “Un Anglais qui sait dire 'bonjour' en français se considère comme bilingue !”
Vus par les Grecs
Un commerçant à La Canée évoque la politesse des Britanniques mais déplore un manque de communication directe en cas de problèmes : “Pourquoi ne pas se plainte sur place ?” s’interroge-t-il.
À l’aéroport d’Héraklion, le point de vue d’un douanier nous donne une perspective plus acérée, affirmant que certains Britanniques “se comportent comme des animaux”.
Vus par les Espagnols
Les touristes britanniques sont souvent cités pour leur comportement excessif, notamment lors d'enterrements de vie de garçon. Un propriétaire de bar à Barcelone énonce : “Ils semblent oublier qu’ici, il y a aussi des habitants.”
Pourtant, d'autres reconnaissent parfois leur comportement respectueux, soulignant à quel point ils apprécient la culture locale.
Vus par les Italiens
Les avis varient, ici encore. Certains Italiens évoquent leur passion pour la culture italienne, tandis que d'autres déplorent un comportement inapproprié lors de matches de football. Récemment, un Britannique a gravé son nom sur le Colisée, provoquant un émoi national.
Les touristes allemands
Vus par les Français
Les Allemands conjurent souvent des images contradictoires. Même si des réflexes de rancœur subsistent, de nombreux Français saluent leur rigueur et leur politesse. “Ils respectent les lieux,” dit un hôtelier normand.
Vus par les Grecs
Malgré une histoire troublée, certains Grecs peuvent encore ressentir un certain ressentiment à l'égard des Allemands. “Ils ne s’efforcent même pas de parler notre langue,” déplore un restaurateur.
Vus par les Espagnols
Les Allemands sont souvent perçus comme des voyageurs discrets en comparaison avec les Britanniques, mais des plaintes persistent concernant leur manque d’effort linguistique.
Vus par les Italiens
Au-delà des stéréotypes, ils sont souvent reconnus pour leur amour de la culture italienne, même si des comportements malheureux viennent ternir cette image.
Les touristes espagnols
Pour les Français, les Espagnols sont généralement bien perçus, appréciés pour leur sens de la fête. Pourtant, ils peuvent parfois être considérés comme bruyants.
Les autres touristes du monde
La perception des touristes varie considérablement selon les nations et les expériences locales. Les Japonais, par exemple, sont souvent admirés pour leur respect des cultures d'accueil tandis que les Américains peuvent susciter une attention ambivalente, entre émerveillement et agacement. Un guide à Rome le décrit ainsi : “Leurs manières généreuses peuvent parfois être entachées de présomption.”
En somme, le débat sur qui est le « pire » touriste semble sans fin. Il est essentiel d'encourager un tourisme respectueux qui valorise à la fois la culture locale et le partage authentique.







