Le clash entre tranquillité des riverains et vie nocturne continue d’animer les débats à Bordeaux. Bernard Labaye, propriétaire du bar Les Copains d’abord, a lancé le mouvement #sauvetonbar pour partager son exaspération face aux multiples fermetures imposées en raison de nuisances sonores.
« J’ai écopé de deux fermetures acoustiques, l’une d’un an et l’autre de deux mois », déclare Labaye, visiblement frustré par l'attitude de la police municipale, qui semble surveiller chaque mouvement des établissements de nuit. Aux côtés d’environ vingt-cinq autres bars, il dénonce une tentation d'étouffer la culture vivante de Bordeaux.
La réglementation sur les terrasses instaurée en janvier 2026 vise à mieux concilier tranquillité des riverains et ambiance festive. Cependant, elle suscite l'inquiétude des gérants qui craignent de devoir réduire leur activité. Le propriétaire du bar à vin La Bande à Roro se plaint de ne pas pouvoir utiliser son espace extérieur durant les périodes de forte chaleur, un manque à gagner considérable selon lui.
Cette tension entre normes de tranquillité et vie nocturne non seulement laisse les restaurateurs perplexes, mais témoigne également d’un besoin urgent de dialogue. Labaye évoque un cas en Espagne où il existe une loi protégeant les établissements situés dans des zones résidentielles, insistant sur l’importance de la culture nocturne. « Ce sont les mêmes personnes qui se plaignent de la fermeture des commerces », déplore-t-il.
Les statistiques de la préfecture de la Gironde révèlent une stagnation des suspensions liées à des nuisances, oscillant entre cinq et sept par an depuis 2023. En revanche, quatre fermetures administratives pour tapages ont été enregistrées l'an dernier.
Thomas Cazenave, le nouveau maire de Bordeaux, a encore une marge de manœuvre pour établir une relation avec les représentants des bars. Une rencontre pourrait redéfinir les relations entre la municipalité, les gérants, et les riverains, pour une vie nocturne respectueuse de tous.







