Depuis le début du mois de juin, deux avions et une équipe de scientifiques scrutent les émissions de CO2 et de méthane dans le ciel entre la Belgique et la Bretagne, depuis l’aérodrome de Calais-Marck. Cette initiative vise à confronter les données satellitaires avec les relevés aériens pour vérifier notre conformité avec les Accords de Paris sur le climat.
Une mission scientifique ambitieuse s'est mise en route dans les Hauts-de-France. Grâce à deux avions basés à Marck, près de Calais, environ une trentaine de scientifiques se relaient pendant un mois pour réaliser des mesures des gaz à effet de serre. "Nous avons l'intention de déterminer si nos actions sont en adéquation avec les engagements climatiques", déclare Cyril Crevoisier, chef de la mission.
La collecte de données en plein vol est essentielle pour comprendre l'impact des activités humaines sur le climat. L'ATR42, un avion expérimenté de 40 ans, a récemment survolé Gand et Anvers pour capter des panaches de dioxyde de carbone et de méthane. "Il est crucial d'évaluer les pics d'émission des installations industrielles, telles que celles d'ArcelorMittal", souligne M. Crevoisier.
Vérifier les émissions des gros sites industriels
La mission aérienne vise également à examiner les grandes plaines agricoles de Flandre, tout en mesurant les émissions des zones industrielles. Le directeur de la mission explique : "Nous tentons d’évaluer le volume de carbone émis par les entreprises, ce qui a un impact non seulement sur le climat, mais aussi sur la qualité de l'air. La technologie avancée embarquée permet des mesures précises sur le terrain."
Des instruments de pointe pour des résultats optimaux ont été intégrés dans l’avion. Gregory Cayez, de Safire, explique : "Nous avons modifié la configuration de l'appareil pour intégrer des capteurs d'émission qui remplacent même certains sièges. Cette flexibilité nous permet de répondre aux besoins spécifiques des scientifiques."
Une course contre les satellites
Le défi principal de l'opération réside dans l'obtention des autorisations de vol à des altitudes élevées. Jean-Philippe Desbios raconte : "Il faut s'assurer de ne pas interférer avec le trafic aérien civil." L'ATR42 et un second avion Cessna, opéré par une équipe allemande, forment une combinaison puissante pour ces études.
Tester les dernières innovations reste également un objectif fondamental. Cédric Crevoisier explique comment le Lidar, une technologie laser, est employée pour mesurer les concentrations de gaz à effet de serre, une avancée qui pourrait très bientôt être intégrée dans des missions satellitaires. "Nous visons à atteindre une précision inégalée, potentiellement dans une décennie," ajoute-t-il.
En parallèle, des ballons-sondes complètent ces mesures aériennes, mobilisant ainsi une collaboration de plus d'une centaine de chercheurs, ingénieurs et techniciens à travers l'Europe. Cette mission témoigne de l'engagement scientifique pour lutter contre le changement climatique et pour un avenir plus durable.







