Un résident du Val-d'Oise a été jugé ce lundi 8 juin pour avoir trompé près de trente prêtres à la retraite, les dépouillant de plus de 235 000 euros entre 2019 et 2025, comme le rapportent Actu Paris et France 3. Évariste N. a été appréhendé suite à une alerte du diocèse de Paris. Il s'adressait principalement à des curés vivant dans la région parisienne.
Dans sa démarche, le prévenu avait recours à des lettres manuscrites pour solliciter la clémence et la charité des ecclésiastiques : "Avez-vous un cœur ?" était une phrase récurrente dans sa correspondance. Lors d'une perquisition chez lui, la police a découvert 40 annuaires de membres de l'Église catholique en France. Certains prêtres recevaient même jusqu'à deux lettres par semaine.
Le suspect inventait des récits tragiques pour émouvoir ses interlocuteurs, affirmant être en proie à de graves problèmes de santé tels qu'un accident vasculaire cérébral ou une fin de vie imminente. "Là où vous êtes, Dieu soit loué, vous avez l'air plutôt vaillant", a déclaré le président Guillaume Daïef.
"Un goût pour les plaisirs simples"
Outre des menaces d’expulsion, Évariste N. prétendait devoir financer les obsèques d’un fils vivant ou encore des soins pour de fausses jumelles. Bien qu'il ait la nationalité française, il demandait aussi des fonds pour régulariser sa situation administrative.
Ancien vendeur dans le domaine du sport, il n'avait pas travaillé depuis environ vingt ans, survivant uniquement grâce aux aides sociales. Père de trois enfants, il s’avouait utiliser l'argent obtenu par chèque ou espèces pour profiter de bières avec des amis. "J'aime bien prendre un verre", a-t-il affirmé face au tribunal.
Éléve des jésuites et fidèle régulier, il se tournait vers les prêtres lorsqu'il avait besoin d'un coup de pouce financier. Le père Jérôme G. a notamment céde à ses requêtes après avoir été flatté par des histoires disant qu'il avait célébré son mariage.
"Je n'ai jamais eu l'intention d'escroquer"
"Le prêtre incarne la générosité, ce qui nous rend vulnérables à ce type de manipulations. Refuser semble aller à l'encontre de notre vocation", a témoigné le père, qui a versé deux fois 50 euros. Évariste N. a exprimé des regrets, disant : "Si j'ai offensé certains prêtres, que Dieu me pardonne, mais je n'ai jamais voulu escroquer." Le ministère public a requis une peine de deux ans de détention avec sursis, incluant une interdiction de fréquenter des ecclésiastiques. La décision du tribunal est attendue pour le 10 juillet.







