Pour la première fois, les élèves de première générale et technologique affrontent ce vendredi l'épreuve anticipée de mathématiques, sans l'aide de la calculatrice. Cette innovation, marquée par l'importance de Parcoursup, prend une ampleur qui semble surpasser celle du diplôme lui-même.
"C'est un peu stressant", témoigne Romy, une lycéenne de 17 ans à Lille, qui s'est préparée sur deux sujets de référence ainsi que sur un test proposé aux élèves d'Amérique du Nord. "Le sujet n'était pas très difficile, mais l'incertitude sur le réel contenu de l'épreuve demeure".
L'inquiétude collective se fait également sentir au sein du corps enseignant. Claire Piolti-Lamorthe, présidente de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP), reconnaît une forte incertitude concernant ce nouvel format, mais estime que certaines questions doivent être abordées sans calculatrice pour évaluer les automatismes.
Environ 525.000 candidats composeront durant deux heures sur cette épreuve, notée sur 20. Le test inclura un questionnaire à choix multiples et plusieurs exercices, le tout sans calculatrice, offrant ainsi une opportunité de se concentrer sur le calcul mental, comme l'affirme Ysée, lycéenne à Sablé-sur-Sarthe.
Edgar, un autre étudiant de 17 ans, partage ce sentiment, bien que certaines de ses camarades soient moins enthousiastes face à l'absence d'outil numérique. De son côté, Valentin, également âgé de 17 ans, se dit confiant quant à sa préparation, bien qu'il reconnaisse le manque d'annales disponibles.
- L'importance de Parcoursup -
Cette nouvelle épreuve propose trois types de sujets en fonction des cursus : spécialité mathématiques, enseignement scientifique sans spécialité, ou tronc commun technologique. Les élèves envisageant une spécialité mathématiques en terminale composeront également à la fin de l'année prochaine.
Pour le gouvernement, l'objectif est de revaloriser les mathématiques au lycée, une matière qui avait été retirée du tronc commun entre 2019 et 2023 lors de la réforme Blanquer. Cependant, selon Bertrand Buffetti, professeur de mathématiques à Caen, cette épreuve vise surtout à fournir des notes de mathématiques pour Parcoursup.
"Cette épreuve a un coefficient faible de 2, bien inférieur à celui du français qui est de 5, ce qui en dit long sur ses véritables enjeux", souligne Buffetti. Les élèves partagent ce point de vue, affirmant que l'épreuve est davantage stratégique pour leur dossier Parcoursup que pour l'examen lui-même.
La pression peut être difficile à gérer, selon Théophile, un lycéen de 16 ans à Rennes, qui voit néanmoins le bon côté de cette initiative, notant qu'elle permet d'évaluer les compétences au-delà du seul Bac français.
"Avoir un indicateur plus national que le contrôle continu pourrait s'avérer bénéfique", convient Laurent Pater, président de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques. Malgré cela, il rappelle que telles évaluations étaient déjà possibles sans cette réforme.







