En Ille-et-Vilaine, un incident a secoué la commune de Romagné lorsque la statue de Jeanne d’Arc a été couverte d’une bannière aux couleurs LGBT. Cet acte, qui n’a encore suscité aucune revendication explicite, ouvre la porte à des discussions sur l’appropriation de figures historiques.
Aline Le Bouedec, la maire de Romagné, a exprimé son indignation : "Bien que l'on puisse accepter des expressions diverses, le dégradement d'un monument honorifique est inacceptable," a-t-elle déclaré à Actu.fr. Ce délit, en plus d'être une atteinte au patrimoine, engendre également des coûts pour la commune. "Nous devrons faire appel à des experts pour restaurer la statue, compte tenu de sa composition particulière," a-t-elle ajouté.
La dégradation de la statue coïncide avec la marche des Fiertés qui s'est tenue à Fougères, rassemblant près de 200 participants pour revendiquer égalité et droits des orientations sexuelles. Loin d'être une coïncidence, plusieurs événements contemporains cherchent à associer des figures historiques, telles que Jeanne d’Arc, à des luttes modernes.
La Pucelle, porte-drapeau de toutes les causes
À Compiègne, le nom de Jeanne d’Arc est également mis en avant par les organisateurs de la Gay Pride. L'affiche de l'événement présente Jeanne brandissant un drapeau aux couleurs LGBTQI+. Son image est ainsi réinterprétée pour soutenir des causes contemporaines.
Pour la Gay Pride de Compiègne, les organisateurs ont représenté Jeanne d'Arc brandissant un drapeau LGBTQI+. pic.twitter.com/vUBgAlTuXj
Ce phénomène d'appropriation n'est pas nouveau. Des artistes tel que Madonna ont déjà revisité la figure de Jeanne, la représentant comme une icône queer. En 1936, la poétesse Vita Sackville-West affirmait que Jeanne pourrait tout aussi bien avoir eu des inclinations lesbiennes. Plus récemment, la dramaturge Carolyn Gage a décrit Jeanne comme une victime des circonstances, ajoutant une autre couche à son héritage.
Un débat émerge d’ailleurs sur l'instrumentalisation de Jeanne d’Arc par la droite, certains la présentant comme une icône nationale pour justifier des idéologies extrêmes. Un des commentateurs sur RMC a même déclaré que Jeanne d’Arc était devenue "une statue emblématique pour les racistes de ce pays".
Ce débat soulève des questions sur la mémoire collective et la manière dont nous choisissons de relire notre histoire, faisant de Jeanne d’Arc une figure au carrefour de multiples luttes.







