Le récent rapport sur la sécurité des pharmaciens, publié le 4 juin, met en lumière l'augmentation alarmante des agressions dans le secteur.
Chaque jour, un pharmacien fait face à l'agression en France. C'est ce que révèle le rapport annuel sur la sécurité des pharmaciens, publié le 4 juin et relayé par BFMTV ainsi que TF1. En 2025, 468 agressions ont été rapportées au Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, qui réalise ce bilan chaque année.
Près de 84 % des agressions rapportées impliquent des insultes, des menaces ou des violences physiques. Myriam Chemouny, pharmacienne à Herblay, témoigne des incivilités fréquentes dans son officine. "Certains jours, je termine ma journée en larmes", confie-t-elle à TF1.
Elle a récemment subi une agression physique après avoir refusé de délivrer un médicament sur une ordonnance manifestement falsifiée. "L'homme m’a insultée avant de revenir avec une complice, qui m’a attaquée physiquement", raconte-t-elle. "Elle m'a attrapée par mon col et m’a craché au visage", ajoute-t-elle. D'après l'Ordre, environ un tiers des agressions sont motivées par le refus de délivrance de médicaments.
Seul un pharmacien sur trois porte plainte
Ces événements laissent des séquelles profondes. "J'ai constamment peur, je fais attention à mon environnement lorsque je quitte la pharmacie", témoigne René-Pierre Clément, qui a été menacé de mort dans son officine de Thionville, selon BFMTV.
Cependant, deux tiers des pharmaciens choisissent de ne pas porter plainte. "Ils renoncent par découragement, ne sachant pas ce que cela pourrait apporter, car les retours sont souvent peu satisfaisants", explique Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens. L’Ordre incite au moins les professionnels à signaler les agressions pour permettre une collecte de données et alerter les autorités compétentes. "Chaque déclaration aide à mettre en place des mesures de soutien et à alerter les pouvoirs publics", conclut-elle.







