Ce mercredi 3 juin, le gouvernement a révélé son intention de dissoudre deux nouveaux collectifs, l'un d'extrême droite, l'autre d'extrême gauche. Cette décision s'inscrit dans une lutte plus large contre les "groupes ultra et violents", accentuée par le décès tragique du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon en février 2026.
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a proposé au président de la République la dissolution de Patria Albiges, un groupe identitaire d'extrême droite, et du Front de Rue, un collectif d'extrême gauche. Cela a été annoncé par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée.
Qu'est-ce qui se cache derrière ces mouvements ?
Patria Albiges se définit comme un mouvement de jeunesse identitaire basé à Albi, qui vise à sensibiliser le public sur des thématiques contemporaines telles que l'immigration et l'insécurité. Récemment, onze militants de ce groupe ont été condamnés à des peines allant de quatre à huit mois de prison pour leur implication dans une expédition punitive contre un militant antifasciste en 2025.
Agés de 19 à 29 ans, ces jeunes ont fait irruption à Albi, en avril 2025, équipés de matraques télescopiques dans une quête violente contre les opposants. Au passage, le porte-parole de Patria Albiges avait lui-même été condamné à huit mois de prison en 2023 pour agression.
De son côté, le Front de Rue est un groupe antifasciste localisé principalement dans le Nord, notamment à Lille, qui a souvent été en conflit avec des mouvements d'extrême droite.
Réponses du gouvernement et contexte
Cette initiative survient après la mort de Quentin Deranque, qui a poussé le président Emmanuel Macron à réunir des responsables gouvernementaux pour examiner la question des "groupes violents ultra ou extrêmes". Suite à cette réunion, plusieurs collectifs, dont Patria Albiges et le Bloc montpelliérain, ainsi qu'un groupe d'extrême gauche, ont vu une procédure de dissolution engagée par le ministère de l'Intérieur.
Depuis 2017, une cinquantaine de groupes, dont La Jeune Garde et Lyon Populaire, ont été dissous par décrets. Toutefois, certains de ces groupes, comme les Soulèvements de la Terre, ont réussi à gagner des recours devant le Conseil d'État.







