La répression des fraudes a récemment infligé une amende de 22 millions d'euros à Shein pour des omissions concernant le droit de rétractation des clients et un manque d'informations claires. La société prévoit de contester cette décision.
C'est un nouveau revers pour Shein, la célèbre plateforme d'e-commerce chinoise, qui a été sanctionnée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour des pratiques jugées abusives. Selon Le Parisien, la plateforme a reçu deux amendes totalisant 22 millions d'euros le 3 juin dernier.
Les sanctions ont été imposées à deux filiales de Shein basées en Irlande à la suite d'enquêtes menées durant l'année 2025. Celles-ci ont révélé de multiples insuffisances concernant le respect des droits des consommateurs. Serge Papin, ministre du Commerce, a déclaré : "Ce que nous sanctionnons, ce ne sont pas des erreurs mais un modèle : celui des plateformes qui négligent la conformité aux règles et la protection des consommateurs."
L'amende principale, s'élevant à 16,7 millions d'euros, a été infligée à la société Infinite Styles Services Co. Limited (ISSL), responsable de la marketplace de Shein, accusée de ne pas fournir suffisamment d'informations dans les emails de confirmation de commande.
Une enquête de la Commission européenne toujours en cours
La seconde amende, d'un montant de 5,7 millions d'euros, cible Infinite Styles E-Commerce (ISEL), qui gère la commercialisation des produits de la plateforme. Cette sanction découle notamment du non-respect du droit de rétractation, qui permet aux consommateurs de retourner des articles dans un délai de 14 jours.
D'après Le Parisien, Shein a d'ores et déjà prévu de contester ces décisions devant la justice administrative. La société, qui avait précédemment été sanctionnée par des amendes totalisant 190 millions d'euros en 2025, a qualifié ces nouvelles sanctions de "manifestement disproportionnées et discriminatoires".
Parallèlement, Shein demeure sous le coup d'une enquête de la Commission européenne, initiée à la demande de la France, après des révélations alarmantes concernant la vente de poupées pédopornographiques et d'armes sur sa plateforme. "Nous avons décidé de ne pas laisser ces plateformes tranquilles et nous continuerons jusqu'à ce qu'elles changent totalement leurs pratiques - ou désertent notre marché", a soutenu Serge Papin dans un communiqué.







