Le vendredi 17 avril, une dizaine de personnes nées sous X se sont réunies à Dunkerque, s’unissant dans une quête commune pour retrouver leurs origines. Au cours d'un café partagé, les membres des collectifs des nés sous X d'ici et d'ailleurs et des nés sous X via Wante ont mis en lumière des pratiques d'adoption transfrontalières illégales qui ont eu lieu entre la France et la Belgique de 1950 à 1990.
Ces rassemblements sont plus qu'un simple échange de témoignages : ils sont une démarche de solidarité où chacun cherche à mieux comprendre son passé. Parmi les participants, Pierre a partagé sa chanson poignante « Nos origines », illustrant les blessures laissées par l'anonymat de leurs naissances et les difficultés persistantes rencontrées dans leur quête identitaire.
Des mères belges venaient accoucher sous X en France
Presque tous les membres du collectif partagent une histoire similaire : nés sous X dans des villes françaises près de la frontière belge, ils ont souvent été adoptés par des familles belges. Donatienne Cogels, membre de Wante, a expliqué que cette dynamique était alimentée par une forte demande d'enfants et favorisée par le secret entourant les couches de la maternité sous X en France.
Les accouchements étaient orchestrés par des organisations religieuses, notamment l'œuvre d'adoption Thérèse Wante. Selon Cogels, ces mères belges enceintes étaient souvent envoyées dans des institutions où leur situation était dissimulée avant d'être transportées en France pour accoucher, généralement en secret, avec un transfert immédiat de l'enfant vers une famille adoptive éclairée.
Des adoptions encadrées par des institutions religieuses
Les témoignages révèlent des abus flagrants. « On transgressait toutes les lois. L’adoption n’était pas agréée en France, et aucune mère n’a été informée de ses droits » souligne Cogels, prouvant l’illégalité de ces adoptions qui convenaient à toutes les parties impliquées. Ces connaissances, fruit de plusieurs années d’enquête, sont un éclairage crucial sur une partie sombre du passé.
30 000 enfants concernés
Les recherches ont révélé l’existence d’environ vingt cliniques dans le nord de la France impliquées dans ce système. Nathalie, une participante, a exprimé son désir désespéré de connaître ses racines. Christine Rossi, qui a également été séparée de sa mère, participe activement à ces rencontres pour rassembler des informations.
Appel à une réforme législative
Les collectifs formulent maintenant des demandes de réforme, notamment la légalisation des tests ADN pour retrouver des origines, et la mise en place d'un accouchement « dans la discrétion » pour protéger les droits de l'accouchée. Erik Pilardeau, un autre membre engagé, a déclaré : « C’est essentiel de reconnaître ces victimes pour que de telles pratiques ne se reproduisent plus. »
Par des appels à témoignages, ces collectifs continuent de rassembler des pièces essentielles d'un puzzle douloureux, espérant que la lumière soit enfin faite sur un passé inacceptable.







